Résumé:Jesse James est bandit de grand chemin. Robert Ford est un pauvre gars qui marche sur ses traces. Fasciné par le personnage, il va devenir son bras droit, son plus grand fan, son ombre. Jesse James le sait, le sens, s'en accomode, en use et abuse un peu.
Réalisateur: Andrew Dominik
Acteurs: Brad Pitt, Casey Affleck, Paul Schneider, Sam Rockwell...
Année: 2007
Pays: Etats-Unis
Jésus et Judas, Johnny Rotten et Malcom Mac Laren, Rodin et Camille Claudel, Dali et Amanda Lear. Un maitre, un bourreau, un disciple, un traitre, une victime.
Je vais commencer par les acteurs. Brad Pitt et Casey Affleck. L'ange de la mort, le mythe vivant. Rarement il n'aura été aussi charismatique à part peut-être dans les Ocean de Soderbergh mais avec Georges à coté, on le voit moins. Toujours est-il qu'il irradit pendant tout le film et ça tombe bien, le rôle veut ça. La caméra l'aide aussi beaucoup. Casey Affleck est son anti-thèse. Discret, laid, timide, quelconque, le regard fuyant, lui irradie la petitesse et la lacheté avec son petit sourire qui donne systématiquement envie de fuir à grand pas.
Et ce n'est pas l'histoire d'un mythe mais bien celle de son assassin et de son forfait.
Tout comme Jésus aurait demandé à Judas de le dénoncer, on a l'impression, tout au long du film, que Jesse James traine sa rédemption dans ce personnage trouble, néfaste et détestable mais il le fait en toute connaissance de cause. Tout tourne autour de la fin d'un mythe, des miettes de célébrités qui peuvent rejaillir sur son entourage, de celui qui est tout et qui ne s'en rend pas compte et de l'autre qui n'a rien mais qui rève de tout. Preuve que l'assassin est plus important que la victime. Le film ne se termine pas sur la mort de Jesse mais bien sur celle de Robert (pas de révélations ici, on sait aussi qu'il ne va pas l'emporter au paradis).

Et, comme l'auréole autour de la couronne d'épines de Jésus, Jesse est entouré d'un halo. Le chef-opérateur multiplie les effets de flous, les arrières-plans vaporeux, les couleurs cépias de vieilles photos jaunies par le temps. Jesse est une icône et l'image le prend comme tel. Jesse se dresse seul face à ce train dans la nuit. Il est le seul à avoir la lumière à la main, tous les autres se sont éteints.
Mais tout ceci prend un peu trop de temps. Andrew Dominik joue avec la lenteur, avec la fascination qu'exerce Pitt/James mais quand on connait la fin, on aimerait parfois qu'il abrège un peu. Heurement que l'image est magnifique sinon on pourrait bien s'assoupir.
En résumé, 20mn en moins et ce film est un chef-d'oeuvre, là, il est juste exceptionnel.
Unikokasecretsunshinapondre
ps: A noter aussi une composition impressionnante de Sam Rockwell qui avait déjà fait beaucoup parler de lui pour Confession d'un homme dangereux du Georges mentionné plus haut.
Résumé:Redmond Barry est sans le sou mais il est amoureux de sa cousine Nora. Or le capitaine John Quin est un bien meilleur parti!!! Redmond va donc le provoquer en duel, le battre mais devoir s'éclipser parce que ce n'est pas bon de tuer un membre de l'armée de sn altesse. S'en suivent une série d'aventures qui vont faconner et révéler le caractére opportuniste, mesquin et violent de notre cher Barry qui ne va pas tarder à devenir Sir Barry Lindon.
Réalisateur: Stanley Kubrick
Acteurs: Ryan O'neal, Marisa Berensson, Patrick Magee...
Année: 1975
Pays: Royaume-Unis
Fresque cynique et décalé, Barry Lindon est l'un des chefs-d'oeuvre de Stanley Kubrick. Il n'a pas fait beaucoup de films mais pratiquement aucun n'est passé inaperçu!!!
Je ne vais pas enfoncer des portes ouvertes ici. Ce n'est certainement plus le moment de vanter l'oeuvre de SK et ce film en particulier. Ils ont tous les 2 fait leurs preuves. Je ne suis pas non plus un expert en cinéma tant au plan technique qu'au plan language lui-même. Mais il y a tout de même certaines choses que j'aimerais dire sur ce film surtout au niveau des images.
Kubrick nous donne avec ce film une suite de tableaux. C'est autant de la peinture que du cinéma. Il a retrouvé ici l'oeil du photographe qu'il était à ses débuts (enfin il ne l'a jamais perdu, c'est juste qu'ici, c'est flagrant!!!). On ne s'en rend pas compte tout de suite mais, autant au niveau des dialogues que de l'image on est dans l'économie.
Pour l'image, c'est réellement frappant de voir cette suite de scènes quasiment immobiles qui s'enchainent. Kubrick passe son temps à décrire une scène vivante, avec un ou plusieurs protagonistes au centre de l'action, puis à rendre tout l'entourage, l'arrière-plan totalement immobile.
C'est vrai pour les 2 duels, c'est aussi vrai pour cette scène magnifique lorsque Barry Lyndon vient saluer je ne sais quel conte dans le restaurant. Grande profondeur de champ. Le conte est au premier plan, Barry Lyndon est à l'arrière, seul à une table. Caméra fixe, il s'avance pour le saluer. Scéne qui se déroule. Mais en parallèle, en arrière plan, on voit un serveur tout au fond de la salle qui sert de vin à 2 autres convives. Tout le temps où Barry et le conte discute, les serveurs et les convives restent parfaitement immobiles. C'est un tableau!!!!
L'autre prouesse est narrative.
Avec l'introduction du narrateur (voix nonchalante de Jean-Claude Brialy, choix plus que judicieux!!!), on est là dans les hautes sphères du récit. Loin de conter bêtement une histoire, il n'a de cesse de faire des commentaires cyniques. Il n'est d'aucune neutralité, bien au contraire. Il n'intervient que très peu, il fait une petite introduction au début de chaque chapitre comme une mise en bouche des déboires et des aventures de Barry Lyndon. On attend donc avec impatience tous ses petits malheurs en s'en délectant (ce n'est pas charitable) car on ne souhaite qu'une chose, qu'il se croute ce pauvre Barry Lyndon!!!
Et enfin, la dernière est psychologique.
Barry est un benet, un gentil, il aime sa cousine, c'est tout. Bon, le Capitaine Quin a une sale tronche donc il est détestable. Or Barry Lyndon, lui, est plutôt bel homme, bien fait, sympathique. Et pourtant, tout de suite, on le prend en grippe. Il est courageux mais bête. Il est fidéle à son mentor mais il évite la bataille en le sauvant. Il tente de déserter mais il se fait reprendre comme un bleu. Il tente de devenir espion mais il devient agent double. En gros, sans s'en rendre compte, sans être acteur de sa propre vie, Barry Lyndon se laisse porter par les événements et, sans être un méchant homme, il énerve sans raison. Kubrick nous le rend vraiment anti-pathique grace à sa façon de le filmer et surtout au jeu de Ryan O'neal qui, s'il n'a fait que ça de bien dans sa carrière, l'a fait de façon magistrale!!!
En résumé, Kubrick, c'est du bon. Barry Lyndon, c'est du trés bon Kubrick!!!
Unikokikontinuhamataikubriksurartai
Résumé1983, petite ville en Angleterre. Thatcher vient d'arriver au pouvoir, elle a commencé son oeuvre de destructions. Elle en a posé les jalons en boutant les Argentins hors des Malouïnes, archipel avec plus de moutons que d'humains. Le père de Shaun, 12 ans, est mort là-bas. Seul avec sa mère, il s'en remet difficilement. Un peu rebelle, son poing s'écrase facilement sur la tête de quiconque le provoque. Woody, le petit chef d'une petite bande de skinheads gentillets le prend sous sa coupe. Pour le moment, rien de mal. Les choses se durcissent quand arrive Combo.
Réalisateur: Shane Meadows
Acteurs: Thomas Turgoose, Stephen Graham, Jo Hartley...
Année: 2006 (sortie en France, 10/10/07)
Pays: Angleterre
Ce que ,j'aime, la petite histoire au milieu de la grande.
Je n'ai pas vécu à cet endroit à cette époque mais j'avais presque 10 ans à ce moment-là. Les pantalons étaient comme ça, les voitures étaient presque comme ça et le reste était beaucoup moins violent.
Qui se souvient, en France, de cette guerre des Malouïnes?
Pour nous, cela reste qu'une petite anecdote dans l'histoire anglaise. Ce film nous donne l'impression que c'est aussi une anecdote pour certains anglais. Quelque chose dont ils ne sont pas trés fiers, au moins pour ceux qui n'y sont pas allés. Pour les autres, ceux qui l'ont faites, les familles des soldats qui sont morts sur ce rocher perdu au milieu de nul part, eux on l'impression d'être les oubliés de l'Histoire.
This is England se déroule donc sur fond de guerre qui n'a pas avoué son nom, de crise économique qui laisse trop de monde sur le bas-coté et de monter du racisme. La reconstitution est plus que plausible. Le film commence sur des images d'archives sur Thatcher, les grèves, la guerre, les skinheads, les émeutes.
Et c'est dans ce monde qui ne lui a pas fait de cadeau que Shaun va se trouver une bande d'amis. Plutôt sympas au début, les choses vont changer à l'arrivée de Combo. Pitbull sanguinaire, il prone ouvertement des idées d'extrême droite. Il va entrainer une petite partie de la bande, les laissers pour compte dans un tourbillon de violence et de xénophobie. Sans forcément se reconnaitre là-dedans, Shaun va surtout trouver un modèle, un guide, quelqu'un qui s'occupe de lui et qui le fait se sentir important. De son coté, Combo se rend compte de l'ascendant qu'il prend sur Shaun, c'est un peu sa chose, son mini-moi.

Et les choses qui paraissent évidentes ne le sont pas toujours. Il serait si simple pour Woody de suivre Combo aveuglement. Mais non. Il serait si simple pour la mère de Shaun de simplement sortir son fils des petites griffes de Woody. Mais non, elle se contente d'une petite réprimande pour la coupe de cheveux. Il serait si simple pour Combo de faire copain-copain avec Milky. Mais non. Sans forcément nous embarquer systématiquement sur des fausses pistes ou prendre le contre-pied, Shane Meadows sait rendre son sujet intéressant et humain car peu évident. Chaque personnage a sa part d'ombre et de lumière. Personne ne va radicalement s'opposer à Combo mais Combo est les siens ne vont pas non plus venir exercer un quelconque droit d'ainesse sur la bande de Woody. Tout cela cohabite dans un équilibre précaire et réaliste.
Coté acteurs, rien à jeter. Thomas Turgoose est d'une juste assez incroyable du haut de ses 12 ans. Il a été reperé lors d'un casting sauvage dans un centre d'aide pour les enfants en difficulté. On sent que c'est vraiment une petite frappe haute-comme trois pommes. Stephen Graham et Jo Hartley sont aussi très justes chef de bande facho ou pas.
En résumé, un film comme je les aime, humain et grandiose.
Unikokidoipondrelakubirkparskilmairite
Résumé:Michaël Clayton est avocat. Il joue au poker. Il est appelé par un monsieur riche, imbu de sa personne qui vient de renverser un autre monsieur avec sa trés chere automobile. Mais Michael Clayton, il est fort, il va lui trouver quelqu'un pour le sortir de ce mauvais pas. Alors Michael Clayton, il s'en va. On le sent trés triste, trés désabusé, trés pas content de lui, des autres, du monde qui l'entoure. Il s'arrete sur le bord de la route, en campagne, pour regarder des chevals. Et boom, sa voiture explose sans lui dedans. Il a vraiment eu chaud, Michael Clayton. Le film commence, 4 jours plus tôt.
Réalisateur: Tony Gilroy
Acteurs: George Clooney, Tom Wilkinson, Tilda Swinton, Sydney Pollack...
Année: 2007
Pays: Etats-Unis
I am not the one you kill, I am the one you buy!!!!
On est ici en présence d'une sorte de remake, d'ersatz, de redite d'Erin Brockowich de Steven Soderbergh qui est d'ailleurs crédité sur ce film, au même titre que Clooney, en tant que producteur exécutif.
Donc, oui, Michael Clayton est un avocat qui a un peu oublié ce pour quoi il est devenu avocat. Mais Arthur, un collègue et ami, n'a pas oublié lui. Sensé défendre les méchants, il a petit à petit monté un dossier à charge contre son propre client. Le méchant est ici un fabricant d'engrais qui empoisonne les gentils paysans qui utilisent son produit. Mais les choses vont se dérégler quand Arthur va oublier de prendre ses médicaments et pête un plomb pendant une audience. Michael va devoir récupérer le travail de son copain mais il ne s'attendait pas à ça.

Bon, je suis un peu accerbe. Le film est bon, Clooney, Tom Wilkinson et Tilda Swinton sont excellents. Cette dernière étant assez impressionnante dans un rôle de femme forte à la scène mais totalement stressée, morte de peur et peu sûre d'elle dans les coulisses. Le scénario est au début assez confus mais il faut ça pour que finalement tout s'éclaire et viennent se mettre dans le bon ordre. La construction à l'envers (on dirait vraiment du Soderbergh dans Hors d'atteinte) fait que l'on ne s'ennuie pas et que l'on garde espoir dans la suite du film. On voit les contours de l'intrigue se dessiner et, sans qu'il y ait réellement de grosses surprises, tout arrive dans le bon timing.
Donc voilà. La seule chose que je reprocherais à ce film, c'est qu'il ne nous apporte rien de nouveau sous le soleil. C'est toujours agréable de voir jouer de bons acteurs, le scénario est bien ficelé mais rien de révolutionnaire, l'histoire de l'avocat qui retrouve ses idéaux, vous prenez La Firme, vous mélangez avec Erin Brockowich, vous soupoudrez avec du Justice pour tous, et vous avez mieux. Et coté image, rien de vraiment transcendant, de rechercher ou d'inventif, juste des images qui servent le sujet.
En résumé, si vous ne pouvez pas choper Justice pour tous, allez voir Michael Clayton.
Unikokakenmemepassaihunbonmomenfopahaixageairainonplu
Résumé:Roumanie, fin des années 80. Des préparatifs, on ne sait pas trop pour quoi. Une jeune fille envoie sa colocotaire rencontré un homme, dans une banlieu de Bucarest. Tout est obscur et gris. Les personnages, l'histoire, les images. Puis l'histoire devient claire mais le reste noircie!!!
Réalisateur: Cristian Mingiu
Acteurs: Anamarina Marinca, Laura Vasliu, Vlad Ivanov...
Année: 2007
Pays: Roumanie
Une soirée qui change la vie.
Pour une fois, je vais commencer par les images. On est presque dans le dogme de Lars Von Trier. Que de la lumière naturelle, pas de jeu avec l'objectif, travelings à l'épaule, plans fixes, pas de champ ./ contre-champ. La caméra est là, posée, face à l'action, face au personnage principal de la scène. Et celle-ci se déroule et, tout comme le ou les personnages, apathiques, choqués, immobiles, la caméra reste là, à scruter la moindre des réactions sans se soucier des autres qui lui parlent ou qui se parlent entre eux. Les 2 jeunes filles sont hébétées, la caméra l'est aussi. Le coté dogme est particulièrement flagrant pendant la course d'Ottila, à la fin, dans les faubourgs glauques et trés mal éclairés lorsqu'elle cherche à se débarasser d'un paquet un peu encombrant. Nous sommes, à ce moment, en plein dans sa recherche haletante et éperdue. Dans cette peur qui la fait se raviser plusieurs fois avant de finalement sauter le pas. Coté narration, on est aussi dans le dogme. Peu d'ellipse, une quasi unité de temps, l'action se déroule presque en temps réel devant nos yeux. On ressent donc l'attente d'Ottila, son besoin impérieux, chez ses beaux-parents, d'appeler Gabita restée seule enfermée dans la chambre.
Et pour revenir à l'histoire, on est ici dans la description de ce contre quoi se sont battues les femmes pendant des dizaines d'années, au moins dans nos pays occidentaux. Nous sommes dans la banalité de l'horreur, de l'abus de la personne humaine, de la soumission à un système qui ne garantie pas les droits élémentaires et qui obligent donc à en passer par des personnages peu recommandables qui vont abuser de leur position de faiseur d'anges d'une façon assez difficile à imaginer. On voit l'histoire du point de vue d'Ottila qui vient aider sa colocataire, Gabita, a pratiqué un avortement dans des conditions plus que contestables. Poussées par une loi répressive au possible (mais utilisée trés judicieusement comme chantage par Monsieur Bébé (beau nom pour un avorteur)), elles sont obligées de s'enfermer dans une chambre d'hotel miteuse pour pratiquer l'opération. Gabita, qui va subir tout ça, ne semble pas être celle qui va le plus en patir. Elle est passive, parfois stupide, dans un autre monde. Ottila, elle, va tout gérer pour sa copine, va accepter des choses horribles, tout en essayant de garder une vie sociale à peu prés normale en parallèle. La bonne copine quoi!!!
Tout ceci se passe en Roumanie dans les années 80 mais c'était pareil partout il y a encore 40 ans. C'est encore le cas dans bon nombre de pays à travers le monde. Des femmes qui voient leurs vies "brisées" par l'arrivée d'un enfant non souhaité. Sans faire l'apologie de l'avortement, bien au contraire, la problématique soulevée ici relève juste de la simple liberté à pouvoir disposer de son corps, sans avoir à se retrouver mariée (comme le propose gentillement le copain d'Ottila) moindrement que monsieur oublie de se retirer.
En résumé, Christine Boutin, va voir ce film. Les autres, allez-y aussi.
Unikokisseudikeussadeuvraihaitrobilgatoir
EFFICACITE
Résumé:
Jason Bourne a décidé que l'Etat américain devait payer. Il a perdu la mémoire, sa vie, sa copine, il a tué pour lui. Maintenant, ceux qui l'on embringuer là-dedans vont casquer. De son coté, la
CIA a décrété que Jason Bourne, il commencait à les leur briser menu. En gros, ça va chier!!!
Réalisation: Paul Greengrass
Acteurs: Matt Damon, Julia Stiles, David Strathairn, Joan Allen...
Pays: USA
Année: 2007
Attention, ce n'est pas du Rivette.
Que les choses soient claires, on n'est pas là pour faire dans la dentelle. Jason Bourne a décidé de s'en prendre à son ex-employeur et plus particulière à la sous-organisation qui a décidé de le
transformer en machine à tuer.
Pour avoir vu (enfin entrevu) les 2 autres opus, celui-là est de loin le plus efficace. Cette fois, plus de pitié de part et d'autre. L'histoire est un peu compliquée, je pense que c'est
préférable d'avoir vu les autres JB (Jason Bourne) pour recoller les morceaux mais il doit pouvoir se suffir facilement à lui même à condition d'accepter de ne pas comprendre certains passages.
Enfin bref, cette fois, la CIA applique une justice expéditive plus qu'effrayante. Un journaliste anglais est un peu trop fouineur, crack, une balle dans la tete en plein Waterloo Station. Une
jeune employée de la maison s'est un peu trop rapprochée de Jason Bourne, crack, on lance « un contrat » contre elle. Tout cela est pleinement justifié par la raison d'état et surtout
par la protection d'intérets personnels trop proche de cette très haute sphère de commandement.
Le problème est de savoir si tout cela est vrai. Enfin vrai, j'me comprend comme on dit là-bas. Il est claire qui est plus aisé de croire à Raisons d'état qui raconte des histoires passées qu'aux aventures de Jason Bourne. Et pourtant, en substance, ces
deux films mettent en évidence les mêmes déviances de l'état américain (ne stigmatisons pas, la France doit faire pareil) à savoir des exécutions arbitraires, une ingérence constante dans les
affaires d'autres pays, la destruction de vies sous couvert de raisons d'états.
Mais bon, j'arrete de disserter sur tout ça. Jason Bourne est aussi (et surtout) là pour bastonner, pour casser du tueur, pour savoir tout avant tout le monde, pour niquer la CIA!!!! Et il y
arrive bien le bougre. Fastoche, c'est la CIA qui a fait de lui ce qu'il est!!!!
Donc, pour en revenir à la partie efficace, rien a dire, c'est efficace (je l'ai déjà dit non?!?!). Montage hyper rapide, caméra au coeur de l'action, gros suspences, plein de revirements de
situation, des poursuites à mort. On est aussi là pour en prendre plein la vue et on n'est pas déçu!!!
En résumé, du très bon cinéma d'action digne de 007 avec un peu de profondeur qui est loin de nuire.
Unikokivapasouvenvoirseujendefilmmaihotansenprendrepleinlagueulehocinochequedevanhuntinbrepost
Pub géante casseuse de pub...
Résumé:
Octave est créatif. Il aurait pu être pianiste, peintre, écrivain. Mais non, il a décidé de mettre sa créativité au service de la société... de consommation.
Réalisation: Jan Kounen
Acteurs: Jean Dujardin, Jocelyn Quivrin, Patrick Mille...
Adaptation du livre de Frédéric Beigbeder
Les états d'ames pitoyables d'un pubilicitaire.
Les soixantuitards l'avaient décrété. Ils n'ont pas réussi à modifier le systéme. Ils ont donc décidé de le changer de l'intérieur. En se faisant hommes politiques, fonctionnaires dans
l'administration, professeurs, instituteurs. Et ils se sont faits absorbés!!!
Beigbeder a tenté de faire l'inverse. Il s'est rebellé contre un systéme pourri qu'il a dénoncé dans son 99F, le livre. Ca lui a valu un pur et simple
licenciement. Pour son bien et pour notre bien à tous? Pour son bien, c'est indéniable, il se pose surement moins de questions à faire ce qu'il fait maintenant. Pour notre bien, lui ou un autre
qui abdique, à quoi bon??? Il y en aura toujours un qui prendra sa place, sniffera sa coke, baisera tout et tout le monde dans des partouzes géantes et surtout manipulera les foules largement.
Comme le dit si bien son Octave, il est là pour créer de la frustration en permanence. Il est là pour s'immiscer dans notre cerveau (il pisse dans notre hémisphère droit), pour deviner nos envies
avant même que nous en soyons conscient. Quand à lui, il sera toujours en avance, impossible autrement. Il fait parti d'un monde regardé, épié, adulé. Ce qu'il fait, dit ou porte sur le dos sera
fait, dit et porté, 2 jours plus tard, par le Paris branché mais ils sont déjà en retard. Je vous l'ai dit Octave est le futur!!!!
Kounen et Dujardin s'emparent du propos largement aidés par l'intéressé.
Au début du film, Dujardin dérange dans le rôle. Cheveux longs, chatains, lunettes d'intello. On voit une mauvaise copie de Brice de Nice. Sauf que
Brice est gentil et bête. Octave est méchant et intelligent. Passées les premiers 10mn, on se fait au cynisme, à la voix off, à la description du monde dans lequel il gravite. Il a donc le talent
de faire oublier ses précédents personnages pour pleinement s'intégrer dans le monde décrit par Beigbeder.
Coté Kounen, là par contre, ça pèche. Dison qu'il ne fait pas dans la dentelle. Musique sur-vitaminée, images psychédéliques des trips cocaïnés d'Octave qui doivent faire penser
à un relan de son Blueberry (conditionnel car je ne l'ai pas vu mais j'en ai beaucoup entendu parler), montage hyper-rapide (cf
clip des Arctic Monkeys). Selon moi, le propos de Beigbeder était assez fort comme ça pour ne avoir pas à en rajouter avec toutes ces images qui utilisent,
finalement, les mêmes ressorts que ce qu'il dénonce. Ca va vite, ça prend la tête, ça empêche de réfléchir sur ce que l'on voit. C'est du pré-maché. Octave bascule parce que Madone lui refuse une
pub second degré (La ménagère bordel, la ménagère. L'humour, on s'en tape!!!!). Résultat, il pond une pub banale, pré-machée. Jan, regarde ton film!!!! Si les consommateurs sont
capables de réfléchir, les spectateurs de ton film doivent aussi être capable de le faire!!!!
En résumé, Kounen enfonce trop le clou mais le propos est séduisant alors autant y aller.
Unikokisseudikeukounendevrairegardailaifilmdetrufohakermanhaibergman
Résumé:Enfance, adolescence, age adulte et un peu plus d'un moine boudhiste, seul, sur un temple flottant, au milieu d'un lac, dans les montagnes.
Réalisateur: Kim Ki-Duk
Acteurs: Oh Young-Su, Kim Ki-Duk, Kim Young-Min
Année de sortie: 2004
Pays: Corée du sud
Je me prive de quelques images pour écrire cette critique. Je suis devant la télé, avec le portable. Il fallait que celle-là, je la fasse à chaud.
Que l'on me raconte l'histoire d'un moine boudhiste, soit, mais comme ça, alors là!!!!
Certains apportent leur pierre à l'édifice, d'autres, au contraire, détruisent pour trainer une pierre comme un boulet. Mais peut-être fait-on toujours un peu les 2?
C'est ce que raconte ce film. L'enfance du moine, seul compagnon, seul disciple de ce vieux moine. Les choses ont l'air simple. Même les jeux un peu cruels d'un enfant, attacher une pierre à un poisson, à une grenouille, à un serpent. Qui n'a pas tuer des fourmis, couper la patte à une mouche quand il était enfant?
Puis son adolescence et sa rencontre avec une jeune fille qui vient tout bouleverser.
Puis le jeune adulte, celui-là même qui martyrisait les animaux. Qui s'est mis à martyriser aussi les humains mais qui regrette.
Et l'homme mûr qui revient sur ses pas.
Peu de mots, des situations, des images. Toujours belles, simples et limpides avec des lumières magnifiques. Au rythme des saisons de la vie, on voit ce temple-maison-radeau se transformer, au milieu de cette nature qui n'a finalement rien d'hostile bien au contraire. C'est une parabole qui nous est présentée. Il a quitté son temple pour suivre l'amour, grand mal lui en a pris. Sans être moralisateur, Kim Ki-Duk se contente de conter l'histoire de cet homme à cet endroit, ce qui se passe ailleur, c'est la destruction, sur le radeau, on construit.
En résumé, un film magnifique qui ne m'a pas donné du tout envie de zapper. Une prouesse!!!
Unikokisseudevaidenparlaitoudessuite
ps: Kim Ki-Duk a aussi commis, il y a plus longtemps, L'Île. Film lui aussi magnifique mais un peu moins apaisé. Il se passait aussi sur un lac où des hommes louaient des petits radeaux-maisons pour pécher. Certaines scènes avec des hameçons étaient assez dures!!!
Nos pires années...
Résumé:
10 ans d'une vie italienne. Accio, La Teigne, vit dans une petite ville d'Italie dans les années 60. Son pére travaille à l'usine. Sa mère s'occupe des enfants dans un immeuble qui tombe en
ruine. Sa grande soeur va faire des études de lettres, un point c'est tout. Et se trouver un mari, un point c'est tout aussi!!! Son grand frére, lui, est communiste militant, séducteur, engagé,
un peu (beaucoup) salaud avec les femmes. Et la Teigne dans tout ça? Décidé à changer les choses, sous de mauvaises influences et en réactions à tout ça, il décide de devenir fachiste.
Réalisateur: Daniele Luchetti
Acteurs: Elio Germano, Ricardo Scamarcio, Diane Fleri
Sans être une fresque comme Nos meilleures années, il n'en demeure pas moins que Mon
frére est fils unique est un livre d'histoire italienne des années 60 et 70. Mais c'est aussi et surtout l'histoire de la construction d'un homme sur 10 ans. Depuis ses premiers
émois sexuelles (au séminaire!!!) à son combat pour la maison de ses parents. Car le sujet du film, ce n'est pas l'Italie, c'est bien lui et lui-seul. Il est presque de tous les plans, il est
l'histoire. On a presque l'impression que l'Italie se construit autour de lui, qu'il est toujours en décalage et qu'il passe son temps à prendre les mauvaise décisions jusqu'à ce qu'il prenne
enfin la bonne.
Coté réalisation, peut-être aurait-il été plus efficace de faire de la caméra subjective, non??? Parce que quitte à tout voir avec le point de vue de la teigne, autant y aller à fond!!!! Mais
non, je déconne (j'avoue, je n'aime pas trop la caméra subjective, je ne suis pas au cinéma pour qu'un acteur me parle les yeux dans les yeux mais c'est un avis très personnel). Enfin bon, en
fait, aussi bizarre que cela puisse paraitre, la caméra se fait oubliée. Témoin de l'h(H)istoire, elle n'est pas là pour en mettre plein la vue. Pas de travellings compliqués, pas de plans
élaborés, pas de montage bizarroïde. L'h(H)istoire, encore l'h(H)istoire, toujours l'h(H)istoire.
Et du coup, on est réellement concentré sur la Teigne. On comprend sa révolte mais on sait dès le début qu'il se plante. Mais ses erreurs n'engagent que lui contrairement à celles de son frère.
C'est d'ailleur là que l'on voit la force de la réalisation. Son frére est beau, il est gauchiste, il militant, il est ouvrier, il a une copine superbe. La teigne est violent, il est fachiste, il
veut faire des études, il passe son temps à faire n'importe quoi. On prend fait et cause pour lui plutôt que pour son frère. On prend presque pitié de lui. Son frère a tout, il n'a rien. On veut
l'aider (Guignol, guignol, guignol!!!!).
En résumé, un film comme je les aime. Ancré dans une autre époque, ancré dans l'humain, ancré dans l'histoire.
UnikoremersimarideluihavoirparlaideMFEFU
Résumé:Tuya vit quelquepart dans les plaines désertiques de la Mongolie chinoise. Son mari est devenu infirme alors qu'il cherchait à leur creuser un nouveau puit. Elle fait donc tout à la maison et surtout en dehors, le troupeau de moutons, l'eau au puit qui n'est pas la porte à coté et la récupération du voisin bourré tombé de sa moto. Ca ne peut plus durer, elle doit divorcer pour se trouver un nouveau mari. En soi, l'entreprise est simple, les prétendants se bousculent. Seul problème, elle impose la prise en charge de son mari comme condition nécessaire à tout mariage!!! Là, les prétendants sont un peu refroidis!!!
Réalisateurs: Wang Quan'an
Acteurs: Yu Nan, Bater, Sen'ge
Pays: Chine
Date de sortie: 19/09/07
Portrait de femme forte.
On peut parler d'un Breaking the waves à l'envers. Là, c'est la femme qui est forcée d'aller voir ailleur pour faire survivre sa famille. Et Tuya est loin de faire ça de gaité de coeur.
La vie est rude. Les personnages le sont aussi. Tuya supporte son sort sans se plaindre. Son mari reste à la maison, il a une jambe broyé mais à aucun moment, elle ne lui fait des reproches. Une seule fois en fait mais je ne dirai pas içi dans quelles circonstances, allez voir le film!!!

Toujours est-il que Tuya s'en tient à sa résolution contre vents et marées, ce sera elle, ses 2 enfants et son mari, un point c'est tout. Ce portrait de femme ne donne pas envie d'aller habiter en Mongolie!!! Même si les situations sont parfois cocasses (le casting de mariage, les aventures conjugales du voisin), il n'en demeure pas moins que Tuya s'use la santé à essayer de faire vivre sa famille décemment. Loin d'être une fille facile, elle ne va pas céder aux avances de son futur-mari dans une chambre d'hotel miteuse, il va falloir payer pour voir.
On oscille presque constamment entre rires (sourires) et larmes (situations dures). La force et la persévérence de Tuya fait la force et l'humanité du récit. Le film est à l'image de sa vie, rude avec des moments drôles et tendres.
En résumé, de belles images d'une contrée où il ne fait pas bon vivre mais dont Tuya nous fait oublier la rudesse.
Unikohencoralabour



