Mardi 27 mars 2007
Le Donald Trump de la coco...

Résumé:
Histoire vraie de George Jung. Self-made man du traffic de drogue ou comment passer d'un petit gars bien gentil qui fait ses petits traffics de beuh à un gros traficant qui  fricote avec Pablo Escobar.

Incroyable.
Déjà Johnny Depp a du faire ça toute sa vie!!! Il se fond dans le personnage avec une aisance déconcertante. Il lui apporte sa cool attitude, ce détachement que semble avoir ce personnage. Rien n'est important, à part sa fille. Rien n'est vraiment grave. Il a un magnum dans la bouche parce que son pote lui a demandé de faire une petite course pour lui, pas grave. Il se prend une balle dans l'épaule, pas grave, il continue à gérer tout ça avec quelques gouttes de sueur sur le front, pas plus. Il ne se présente pas à ses différents procès, pas grave. Il se fait arréter chez ses parents dénoncé par sa mère, pas grave. Comme vous le voyez, c'est un personnage atypique dont on nous fait le portrait. Il se frotte avec les pires requins et pourtant on a toujours l'impression qu'il fait son petit traffic de beuh sur une plage de Californie, avec sa chemisette proprette et ses lunettes de soleil.

Et la moral dans tout ça.
Contrairement à un Traffic de Soderbergh, ici, la moral, on s'en fout. Jung n'en a pas réellement. Enfin plutôt (le chien de Mickey), il ne se pose pas de questions. Sa désinvolture est la réponse à toutes les critiques. Sa mère le désaprouve mais par pur égoïsme, parce que ses voisins la montre du doigt. Son père le laisse faire, ne juge pas. Et pourtant, quand on voit l'importance qu'il semblait avoir pour George Jung, on se dit qu'un seul mot de lui aurait enfin pu le faire réfléchir mais ce mot n'est jamais venu.

Le scénario est donc assez incroyable enfin pour une histoire vraie. On imagine ça qu'au cinéma!!! On est vraiment au coeur de l'organisation des arrivages de cocaïne aux Etats-Unis. Ici, pas de ventes sous le manteau, ça brasse!!! On parle de dizaines ou de centaines de kilo, pas de petites dosettes dans des petits papiers blancs. On négocie en direct avec le cartel de Medellin, on prend des avions, on atterrie dans le désert, on a des voitures de sport, des villas, des belles femmes... On peut dire que Blow est au traffic de drogue ce que Lord of War est au traffic d'armes. Une étude sociologique.

Pour les acteurs, Johnny Depp et Ray Liotta irréprochables. J'ai moins aimé Pénélope Cruz que je ne trouve pas très convaincante dans le rôle de cette fille de traficant qui flambe, qui se came et qui finit avec un jogging moche dans une banlieue moche en middle class américaine.

En résumé, rien que pour sa culture, film à voir mais bon, aussi pour le personnage qui en est un!!

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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche
Lundi 26 mars 2007
La guerre de Troie aura bien lieu...

Résumé:
Les perses sont au porte de la Grèce. Léonidas, loin d'être en chocolat, décide de les repousser avec sa garde personnelle, 300 de ses meilleurs guerriers. Pas des enfants de coeur. Et tout ça contre l'avis de son gouvernement. Mais Léonidas, ce n'est pas un jambon, c'est un homme libre.

Peut-être qu'un jour, il faudra que j''arrète de me jeter sur les adaptations de bédés mais bon, tant qu'elles sont bonnes pourquoi arréter???

Initialement, une bédé de Franck Miller au dessin et de Lynn Varley au scénario. Je ne l'ai pas relu avant d'aller voir le film mais le souvenir, comme toute bédé de Miller, est un dessin très contrasté, énormément d'ellipses et une grande violence.

Et bien le film est extrèmement fidèle à mon souvenir. Un peu comme dans La cité Interdite où le Jaune et le Rouge dominaient, ici ce sera le noir (ou scepia) et le rouge. Rouge du sang, rouge des capes des Sparciates. Les lumières et les couleurs sont très importantes. Même ambiance que la première 1/2h de Gladiator, des lumières et couleurs très froides pour les combats avec le rouge qui ressort, des couleurs chaudes, notamment le jaune des champs de blé pour Sparte et ses environs. Comme dans Gladiator avec le combat d'ouverture contre les barbares et les images de la villa en Espagne et de ses champs de blé. Le jaune serait donc le repos du guerrier???
Toujours est-il que les couleurs donnent un ambiance très particulière au film. Nous ne sommes pas dans une copie conforme du style de Miller comme dans le film Sin City mais bien dans une adaptation très réussie de l'ambiance.

Les scénes de combat sont magnifiquement orchestrées mais attention, on ne fait pas dans la finesse, les tètes volent.

Pour ce qui est du scénario, le film est aussi fidèle. C'est une histoire d'homme(s). Je ne me souviens pas de cette histoire de complot contre lequel Gorgo, la femme de Léonidas, lutte à l'intérieur de Sparte. Je pense (pas sûr du tout) que cela a été rajouté afin de mettre un peu de féminité et d'intrigue dans le scénario sinon c'est vrai que ce serait purement testostérone!!!!

En résumé, un bon film, une bonne adaptation d'une bonne bédé mais à ne pas mettre devant tous les yeux, il y a du sang, de la chique et du molard!!!

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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche
Jeudi 22 mars 2007
Allo, j'écoute...

Résumé:
RDA, année 80. Wiesler est l'oreille de la Stasi, la police politique Est-allemande. Il est chargé par son supérieur de surveiller un dramaturge dont la femme intéresse beaucoup un gros ministre. Mais la machine Wiesler se dérègle.

Acteur incroyable.
Ulrich Mühe, un agent de la Stasi.  Un visage d'une dureté qui vous glace les sangs. Aucun humour, une austérité affichée et revendiquée, une vie (presque) monacale. Il campe cet agent de la Stasi avec une froideur qui fait peur. Et même quand l'armure commence à se craqueler, on se demande quand même s'il n'a pas une idée derrière la tète. Même quand il semble perdre pied, il est toujours à la hauteur du rôle qu'il a joué toute sa vie, un agent à la solde d'un gouvernement qui surveille, écoute, analyse, inlassablement, continuellement, sans se poser de questions.

Et dans tout ça, dans cette bête histoire de coucherie, d'abus de pouvoir, de surveillance, on a les parcours parallèles de 2 personnages, le dramaturge et l'agent.
Tous les 2 à la solde d'un état qui les écrasent mais qui les protègent aussi. Du fait qu'ils font pleinement parti du système. L'un avec ses pièces, qui ne dénoncent rien, bien au contraire. L'autre avec ses oreilles et ses yeux, qui dénonce tout ce qui peut être ennemi du National-Socialisme. Et tout bascule, l'un en en étant pleinement conscient (le dramaturge) et l'autre en protégeant le premier,  ils vont se retrouver à comploter contre leur chere patrie.

2 scénes mémorables.
L'ouverture. Un cours magistral dans tous les sens du terme sur comment faire parler n'importe qui et surtout comment savoir que ce n'importe qui ment.
La blague dans la cafétéria ou comment une petite plaisanterie peut se transformer en un moment d'une tension incroyable.

Nous sommes en présence là, selon moi, d'un des meilleurs films de ce début d'année. L'évocation d'une époque et d'un pays où il ne faisait pas bon vivre du tout et surtout des personnes qui faisaient tourner cette belle machine à broyer l'humain.

ATTENTION, DEBUT DE LA (PETITE) REVELATION
Les quelques minutes à la fin sont, selon moi, superflues. Le film aurait pu se terminer, si ce n'est sur la mort de CMS ou moins sur la rencontre avec le ministre dans les coulisses du théatre. Le reste, la recherche de HWH est un peu de trop et verse un peu dans le pathos.
ATTENTION, FIN DE LA (PETITE) REVELATION

En résumé, film à voir absolument même s'il doit être en fin de vie dans les salles. Merci aux Oscars d'avoir un peu prolongé son passage (je ne pense pas que quiconque impliqué dans les Oscars lise ce blog mais bon!!!!).

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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche
Mercredi 21 mars 2007
Sacha Baron Cohen avant Borat

Résumé:
Ali G, gangsta rap qui se la joue Tuppak (nom de son chien) à mort habite une banlieu sur-tranquille de Londres. Il veut sauver son centre social de la démolition.

Attention, bouffonade!!!!
Sacha Baron Cohen sévit ici dans son premier film avec son personnage fétiche, Ali G. Il a sévit il y a peu avec un autre, Borat (à voir absolument).

Comique british d'origine indéterminé (mais juif), il a (ou avait) sa propre émission de sketchs dans laquelle il a développé tous ses personnages. Il arrive ici avec un film de 1h30 entierement dédié à Ali G.

Personnage haut en couleurs qui a bon fond mais qui est foncièrement bête. Enfin pas forcément bête mais dans le monde qu'il s'est créé. Enfin si, bête. Il ne pense qu'à sauter (sur) tout ce qui bouge et qui a des seins (gros de préférence). Sa super 5, tunée à mort, est sa maison, son gang arbore un gros jaune cocu tandis que la bande rivale se la joue bleu criard. Ils voudraient bien que ça bastonne à mort mais les seules courses de voiture qu'ils font sont celles où ils respectent (RESTECP) les limitations de vitesse et les feux et laissent passer les grand-mères sur les clous.

Protestataire dans l'ame, Ali G va devenir membre de la chambre des représentants, instrumentalisé par un député sans scrupule. Il devient ensuite conseillé personnel du premier ministre et lui fait, entre autres, sélectionner les immigré(e)s en fonction de leurs tours de poitrine.

Grosse boufonnade vaguement contestataire, on peut considérer que c'était une répétition pour Borat. Apprendre au 8e degré et ce n'est parfois pas assez. Mais quand même, je me suis bien marré!!!

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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche
Lundi 19 mars 2007
Allez Lens!!!!

Résumé:
L'empereur de Chine revient au bercail avec son fils pour la fête de je ne sais plus quoi. Il est cruel avec sa femme, avec ses fils. Une lutte pour le pouvoir est entamée!!!

Sang et Or...

Zhang Yimou sait ce que veut dire accorder les couleurs. Chaque plan de ce film est un tableau en soit dominé par le rouge des tapis et surtout du sang et l'or de l'or, des chrysantemes, des lèvres de Gong Li...
Il y a dans ce film une recherche esthètique que l'on ne peut pas nier, des lumières à couper le souffle, une profusion de couleur et une ambiance toujours tamisée.
Il y aussi une débauche d'effects spectaculaires tels que la centaine de guerriers du silence qui descendent des montagnes pour anéantir un palais entier ou le combat dans la cours de la cité interdite des 2 armées, la noire de l'empereur, la blanche de l'impératrice. Des miliers de soldats qui s'affrontent sur un parterre de chrysantèmes, qui se massacrent. Et ces mêmes chrysantèmes, recouverts de sang, qui sont remplacés en quelques minutes par des nouveaux, d'un jaune immaculé, par une armée tout aussi impressionnante de serviteurs qui débarrassent les corps et les pétales et qui rendent sa virginité au lieu. Incroyable.

Pour ce qui est des personnages, la folie domine. L'empereur (Chow Yun-Fat) est d'une cruauté sans nom avec sa femme, avec ses fils. La femme est folle de vengeance, les fils sont fous pour une raison ou pour une autre. Mais tous sont enfermés dans leurs rôles, dans un protocole qui les étouffe et qui rythme leur vie. La haine mais avec le sourire.

L'histoire est digne de Shakespeare, les alliances, les mariages, les femmes et les fils cachés, on ne joue pas dans la finesse mais le scénario est tellement bien ficellé qu'on se doute qu'il y a un truc mais finalement, ce n'est pas grave...

En résumé, film chinois à grand spectacle surement plus destiné à l'exportation qu'autre  chose, il y  a tout de même quelques longueurs mais ça vaut quand même vraiment le coup ne serait-ce que pour les images qui se suffisent à elles-mêmes.

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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche
Mercredi 14 mars 2007
Mouaip...

Résumé:
Starsky est un maniaque de l'ordre et de la justice mais un peu extrème.
Hutch est un peu ripou mais pas trop, juste pour arrondir les fins de mois.
On les colle ensemble parce qu'ils sont vraiment trop nul individuellement.

Ben Stiller et Owen Wilson dans leurs oeuvres. Je ne vais pas dire que certaines scènes ne m'ont pas fait rire mais c'est quand même du lourd. Ils ont revisité la série en imaginant ces 2 caractères opposés histoire de bien jouer sur cette antagonisme justement.

Snoop est plutôt pas mal dans le rôle d'Huggy les bons tuyaux mais quand même, globalement, ça ne casse pas des briques.

Attention SPOILER.
Les vrais Starsky et Hutch apparaissent à la fin. Trop cool.

En résumé, j'ai eu envie d'aller le voir au cinoche quand il est sorti. Un peu comme toutes les daubes du genre et finalement je n'y vais pratiquement jamais. Et ben franchement, je ne regrette pas comme ça je les voit en divix sur le PC et ça ne vau que ça.

Demain, du lourd, promis.

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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche
Vendredi 23 février 2007
Nicholson dans ses oeuvres

Résumé:
Warren Schmidt était actuaire mais maintenant, il est à la retraite. On suppose qu'il s'emmerdait au boulot. Et bien il va faire pareil mais chez lui maintenant. Sauf que la mort de sa femme va un peu bouleverser les plans.

Film sorti il y a 2-3 ans.

Premier plan. Nicholson attend 17h à la pendule. Regard par en dessous. Le regard à la Nicholson. Merde, Nicholson va faire du Nicholson tout le film!!!

Et bien non. Enfin pas trop.
Tout en retenu, en regards, en silence, nous avons là un Nicholson minimaliste dans un personnage d'une tristesse sans nom.
Au soir de sa vie, le peu de choses qui le tenait debout, son métier, sa femme, sa fille, sont partis. Il se retrouve seul à ne savoir que faire, sans amis, sans famille, sans personne. Il décide donc de partir en camping car, celui-là même dont sa femme révait alors que lui n'en avait pas grand chose à faire. On le suit donc tout au long de son voyage, dans un pelerinage sur les traces de ses origines avec pour but, son futur, sa fille.

Mais tout cela a l'air triste. Ca l'est. Mais pas seulement. Nicholson prête son air de Droppy à ce Warren Schmidt, sans but, sans vie qui fait quand même un peu illusion auprès des gens qu'il rencontre sur son chemin. Et il est drôle, dans sa tristesse, dans ses accès, dans son semblant de liberté sans une femme pour lui dire ce qu'il a le droit de faire ou pas.
Oui, voilà, Droppy.

Ce film illustre bien le vide existancielle de nos vies modernes. Pas de but, pas de réelles envies si ce n'est le dernier camping car qui biche à mort, 120m² pour 2, double arbre à cames en tète, marches qui se déplient toutes seules quand on ouvre la porte. Attention, pas trop vite sinon on tombe dans le vide!!!! Personne pour se souvenir de notre passage, pas d'actions d'éclats qui pourraient nous faire apparaitre dans un livre d'histoire. La vie pour soi et une fois que tous ceux qui nous connaissaient nous ont rejoint dans la tombe, ça fait Pschut!!!!

Oui mais non parce que l'on (et Warren Schmidt aussi) peut sortir de ce moule ("We have broken the mold" comme dit le futur beau-fils de Warren) en décidant d'aider les autres. De donner de son temps, de son argent.

En résumé, un beau film sur le vide de la vie d'un homme interprété par un Nicholson qui joue dans la retenue.


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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche
Jeudi 22 février 2007
The bad good german

Résumé:
Jake Geismer, correspondant de guerre, revient à Berlin en Juillet 45 pour la conférence de Postdam. Les alliés vont se partager les restes. Et lui retrouve son ancien amour, maintenant devenu la maitresse de son chauffeur, combinard à ses heures. Et après, c'est le bordel.

Les expérimentations de Soderberg.
Je suis plutôt fan du gars. Son coté "je ne me prend pas au sérieu, je teste et advienne que pourra" me plait pas mal. Mais là, il s'est un peu raté.

Sans forcément savoir exactement pourquoi, le film ne fonctionne pas. En fait, beaucoup de choses ne vont pas. Kate Blanchett en pute allemande, bof. Tobey Maguire (Spiderman), le blanc bec, qui met sa rouste à George Clooney (Batman), ça cloche!!!! Tobey Maguire, le même, qui se la joue petite frappe avec sa gueule de premier de la classe, mouaip!!!! L'image, en noir et blanc, contrastée à l'extrême, toujours surexposée pour faire film d'époque, pas nécessaire. Un scénario très compliqué, qui veut capturer qui, pourquoi, mais qui on cherche en faite, Lena ou son mari? Tout ça cumulé et vous ressortez de la séance en vous disant que vous avez passé 1h45 en 1945 mais pas plus.
Et ce qui me fait dire que je n'étais pas dedans? La révélation finale de Lena ne m'a fait ni chaud, ni froid. Pourtant ce n'est pas joli-joli mais qu'importe, ce n'est qu'un film!! Et se dire ça pendant le film, c'est un (mauvais) signe!!!!

L'hommage aux films de guerre de l'après-guerre est très appuyé, on ne peut pas le rater. Et même pour ceux qui n'ont pas vu Casablanca, le départ sur l'aéroport de la fin, sous la pluie rappelle immanquablement quelque chose. Cette évocation est réussie mais un hommage ne fait pas un film.

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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche
Mercredi 21 février 2007
Rupture esthétisante.

Résumé:
Bahar et Isa se sont aimés. Mais là, plus. Ils ne se le disent pas vraiment. Ils ne se disent pas grand chose d'ailleur.

Bergman à la turque.
On sent la famille. On sent que le film, dans ses silences, ses regards, ses plans, est fait pour elle et pour lui.
L'histoire d'une rupture sur laquelle ils ne mettront que peu de mots. Ils savent l'un et l'autre que c'est fini mais ils ne se le disent pas. Les silences parlent pour tout le monde.

Outre la bande son, les images sont aussi très importantes. Toujours très travaillé, chaque plan est une photographie à analyser. Il sort du champ, elle y entre, un plan (très) flou sur le fond le voit rentré au premier plan, net. Nuri Nilge Ceylan fait beaucoup de choses sur le film, acteur, réalisateur, scénariste, producteur. Il est aussi crédité pour la photographie (bien qu'il n'en soit pas le directeur). Toujours est-il que rien n'est laissé au hazard et que l'on sent, sans même s'en (assonance!!!) rendre compte, sans qu'aucun mot n'ait été prononcé, que ce couple s'est aimé, beaucoup mais que tout est fini, qu'ils sont vides.
Dans la vie, comme dans le film, ils sont mari et femme. C'est incontestablement l'atout du film. Sans forcément le savoir avant, on sent d'entrer de jeu cette complicité. On a presque l'impression de s'imicer entre eux, en eux. C'est d'ailleur ce que la caméra fait en nous laissant voir les rèves de Bahar et les répétitions de rupture d'Isa.

Comme vous l'aurez compris, on est ici dans le cinéma intimiste. Dans un cinéma qui se faisait autre fois, chez les suédois ou chez Woody Allen à une époque. Qui se fait parfois un peu trop chez nous avec des Rivette, Resnais, Desplechin ou Akerman. C'est bien que nous n'en fassions pas trop (ou que je n'en vois pas trop). Cela permet d'apprécier à sa juste valeur un film comme Les Climats, qui prent son temps, qui aime les images et les acteurs.

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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche
Lundi 19 février 2007
Encore moins pour les gamins.

Résumé:
2 ans après l'élection. Nouvelle élection. On remplace le délégué. Pareil, des alliances se font, se défont, ça va saigner!!!

On continue sur la lancé. Mais cette fois on connait tout le monde.

Tout est dans le rythme. Mise en place lente, on se menace de mort et bien pire tranquille pépère autour d'un verre. On tue les papys qui votent pour les autres, comme ça, sympa, d'une petite poussette dans l'escalier, tout est si simple. On ne peut même pas dire que c'est réellement violent. On ne voit pas grand chose, il n'y a pas vraiment de grosses bastons, tout est suggérer (enfin il y a quand même un moment un peu hard), tout se passe hors cadre ou on en parle mais finalement, on ne voit pas tant de violence et de sang que ça. Mais l'ambiance, ah l'ambiance!!!! Tout le monde peut tuer n'importe qui n'importe quand mais ils sont quand même un peu civilisés, un peu!!!!

Comme pour le premier, le scénario est bien ficelé, et maintenant c'est beaucoup plus simple, on connait tous les personnages, les méchants, les méchants-méchants et les méchants-méchants-méchants. Ne cherchez pas, même celui qui ne voulait pas se salir les mains va finir par faire le pire du pire du pire du pire!!!!

En résumé, rythme et ambiance, la clé de ce diptyque (dilogie!!!) qui vaut vraiment la peine mais il faut savoir ce que l'on va voir.

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par Nicolas Moreau publié dans : Cinoche

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