Vendredi 30 novembre 2007
Ionesco en BD

DienBienPhu-1.jpg Résumé:
2 soldats sont là, dans la cuvette de Dien Bien Phu. L'absurdité de la guerre va les emporter. L'absurdité, pas la guerre.

Dessins; Daniel Casanave
Scénario: Tiré de la pièce de Noël Tuot
Edition: Les réveurs, collection On verra bien

Si Beckett et Ionesco étaient adaptés en BD, ça devrait donner ça.

C'est bien de l'absurdité de la guerre dont on parle ici.
Tout commence avec 2 soldats, dans la cuvette de Dien Bien Phu. Ils sont là, sur les dents. Le moindre brin d'herbe qui bouge est un viet.  Et effectivement, il tue quelque chose, une masse noir, un viet, un cadavre, une chose. Mais cette chose n'est pas réellement morte. Vient ensuite le moment de ressuciter l'un des 2 soldats. Tous les gradés vont tenter de le faire mais aucun ne va y parvenir.

Adapation d'une pièce de Noël Tuot, on est là totalement dans le même registre que les dramaturges cités plus haut. Que ce soit l'attente de la mort ou l'espoir de la resurection, la volonté est bien de nous montrer que nous sommes bien peu de chose et que la guerre, dans son absurdité, n'a pas de raison d'entrainer des comportements logiques et rationnels. Pourquoi ne pas demander à son commandant de ressussiter son ami sachant qu'il se donne le droit d'envoyer tant de monde à la mort? Pourquoi ne pas demander à Pasteur de ressussiter son ami, il a sauvé tellement de vie grace à ses vaccins?DienBienPhu-2.jpg
Mais, au même titre de Beckett avec En attendant Godot, ce style et cette approche du sujet ne me parle pas. Je peux sortir mal à l'aise ou déconcerté par une lecture comme Dien Bien Phu mais je ne considère pas que je passe un bon moment. Oui, la guerre est absurde. Oui, les gradés sont cachés à l'arrière et envoient leurs soldats au casse-pipe. Oui, on y meurt facilement. Je ne sais pas ce que peut donner cette pièce sur scène. Selon comment elle est montée, elle peut surement être drôle mais là, ça ne l'est pas. C'est tragique et morbide mais certainement pas drôle.

Bon, ça me désole un peu de casser un parution de chez Les Réveurs, mais là, vraiment, je n'ai rien trouvé qui me convienne.

En résumé, ben j'ai pas aimé!!

Unikokisseudikeussaipassakam
Mercredi 28 novembre 2007
Woodfred Alcock...

revecassandre-1.jpg Résumé:
Ian et Terry sont 2 frères sans le sou. Pourtant, ils s'offrent un petit voilier, le rève de Cassandre, qu'ils retapent. Ian rève d'investissement dans des hotels en Californie mais ne fait que gérer tant bien que mal le restaurant de son père. Il en profite aussi pour s'amouracher d'une actrice et est pret à tout pour l'impressionner. De son coté, Ian essaie de construire un foyer mais ce n'est pas facile quand on joue au poker, aux courses, à un peu tout et surtout que l'on perd!!! Mais le messie apparait en la personne d'oncle Howard, l'oncle qui a réussi. Ils vont tous les deux aller lui taper un peu de fric seulement ce ne sera pas sans condition!!!

Réalisateur: Woody Allen
Acteurs: Ewan McGregor, Colin Farrell, Tom Wilkinson...
Année: 2007 (sortie le 31 octobre, je recolle, je recolle!!!)
Pays: Etats-Unis

Depuis 3 films, Woody Allen ne fait plus vraiment rire mais il fait peur.

Le scénario n'est pas épais. Dans mon résumé, j'ai même brodé. Mais Woody prend son temps, nous présente les personnages, nous les fait aimer ou détester. Le sujet du film est bien plus le cheminement moral de chacun des deux frères. Ils révent d'une vie meilleure mais on sait très vite que Terry aura du mal à y arriver à cause de l'alcool et du jeu. On se doute aussi que Ian n'est pas taillé pour ça. Son histoire d'hotels, ça semble aussi solide qu'un chateau de carte. Ses rêves de grandeur vont surement l'emporter par le fond avec son bateau. Mais on rêve avec eux. Et Oncle Howard, ah Oncle Howard. Tout le talent d'Allen est de nous parler de lui durant de longues minutes et de nous le présenter que pendant 3 scènes qui font tout le film. Il est le messie, l'oncle d'Amérique qui a réussi, lui, comme se plait tant à la rabacher sa soeur, la mère de Ian et Terry, à son mari, leur père donc. Il est celui qui fait vivre la famille, celui qui donne de l'argent, qui fait des gros cadeaux, le frère prodigue. Et devant cette profusion de louanges, devant la mine déconfite de papa qui n'a que son pauvre petit restaurant vivotant, on se doute bien qu'il y a baleine sous gravillon!!! Mais non, tonton vient faire une petite visite, il est sympa, gentil, il s'inquiète de tout le monde. Et le loup finit pas sortir du bois.

Tout se joue donc sur ce cas de conscience. Le faire, ne pas le faire. Et s'ils ne le font pas, pourront-ils continuer à vivre et se sortir de leurs problèmes? Pourront-ils continuer à regarder Tonton Howard dans les yeux? Et s'ils le font, pourront-ils vivre avec? Et aprés, jusqu'où peuvent-ils aller?
Les situations sont très proches de Match Point mais Woody s'attarde ici beaucoup plus sur le milieu social des 2 frères comme pour plus justifier leurs désirs de s'en sortir (ce n'est pas la misère non plus). Ils leur cherchent beaucoup plus d'excuses. Cela rend l'ensemble un peu plus larmoyant et surtout beaucoup moins immoral mais attention, il ne fait tout de même pas du Ken Loach!!!

Coté acteurs, Colin Farrell est irréprochable, parfait voire excellent. Je suis un peu plus mitigé sur Ewan McGregor qui est largement supplanté, dans son rôle d'arriviste, par la froideur de Jonathan Rhys-Meyers dans Match Point. Il est vrai que son rôle est aussi plus nuancé que celui du professeur de tennis mais, sans réussir à mettre le doigt précisément sur la raison, McGregor sonne parfois faux (je sais, c'est un peu court mais parfois, il faut savoir s'en contenter).

En résumé, impression un peu mitigé. Match Point avait placé la barre très haute dans le même registre et là, Allen est un peu en dessous. Mais ça vaut tout de même cent fois La Faille.

Unikokivahalaiho6nichaveksachairisseuhouikend
Mercredi 28 novembre 2007
C'est un monument... japonais...

gto-t1.jpg Résumé:
Eikichi Onizuka est un ex-loubard mais il a décidé de devenir professeur, lui qui a toujours été le pire des cancres et des martyriseurs de prof. Mais sa motivation principale, du moins au début, c'est de se taper des lycéennes. Il n'a que 22 ans que diable. Tout au long (je suppose) des 24 volumes, on nous raconte ses aventures avec les élèves récalcitrants et suicidaires, les professeuses toutes aussi bien carrossées les unes que les autres et ses supérieurs tous aussi débiles les uns que les autres. GTO, ça veut dire Great Teacher Onizuka.

Créateur: Toru Fujisawa
Dessinateurs: Très nombreux
Edition: Pika Edition

Alors, c'est un manga, plus précisément un shönen manga, en gros un truc pour les ados et plus particulièrement un nekketsu. Je vous rassure, avant d'écrire cet article, je n'y connaissais absolument rien et on ne peut pas dire que je m'y connaisse beaucoup plus maintenant!!!

Je n'ai lu que les 4 premiers tomes. Je n'ai pas trouvé ça particulièrment drôle et digne d'intéret. En gros, au début, il se cherche, il est désoeuvré puis il réussit à faire un stage puis à se faire engager dans un collège privé. Sa méthode, c'est d'être encore plus horrible que les plus horribles de ses élèves qui sont violents, vicieux, méchants et qui cherchent systématiquement à le coincer en le faisant passer pour un pervers. En tant qu'ex-cancre et ex-voyou, ça ne lui est pas trop difficile d'imaginer des parades plutôt débiles.

Comme vous l'aurez compris, malgré le culte qui semble entourer cette bédé (je me suis tout de même entendu dire Si tu n'aimes pas cette bédé, je ne peux rien pour toi !!!!), je n'ai vraiment pas été conquis. Oui, c'est parfois marrant mais c'est aussi un peu lourd. Oui c'est parfois osé mais bon, j'ai passé l'age de reluquer les petites-culottes des lycéennes surtout dans des bédés. Même si GTO, le personnage, est attachant, tout ce qui l'entoure est un peu secondaire et inutile. Bon, il faut dire que j'ai un peu le double de l'age du public auquel c'est destiné, il doit y avoir un peu de ça!!! Un point positif tout de même. J'ai eu l'idée d'arréter la lecture dès le tome 2. J'ai finalement continué et ce qui se passe dans le 3 donne envie de lire le 4. Mais comme ça traine et que j'avais depuis le début l'impression de perdre mon temps, ben j'ai tout arrété. C'était le point positif :D.

gto-2.jpg
gto-23jpg.jpg
Coté dessin, ben c'est du manga quoi. Pas de couleurs, des expressions à la western spaghetti, des changements de physionomies digne de Docteur Jekyll et Mister Hide comme on peut le voir sur la 2e images. A droite, c'est lui, Onizuka. Mais sur la première, à gauche avec la chaussure dans la main, c'est aussi lui ainsi que sur la couverture. Il fait vraiment des grimaces horribles.

En résumé, j'ai passé l'age mais quand j'étais petit, j'eus pu aimer.

Unikokifailerevedekassendredemainparkilvapaharene
Mardi 27 novembre 2007

Aye, j'ai mal...

promessesdelombre-1.jpgRésumé:
Anna est sage-femme à Londres. Un soir, elle accueille une toute jeune fille qui meurt en couche. Le bébé survit. Elle va tenter de retrouver sa famille grace à un petit carnet qu'elle a trouvé dans son sac à main malheureusement tout y est écrit en russe. Elle va d'abord le confier à son oncle (immigrant russe) et aller voir dans un restaurant dont elle a trouvé la carte dans le dit-carnet. Là, elle tombe sur une faune aux apparences respectables mais qui respire tout de même la violence, l'illégalité et le meurtre.

Réalisateur: David Cronenberg
Acteurs: Naomi Watts, Vigo Mortensen, Vincent Cassel, Armin Muller-Stahl...
Année: 2007 (sortie en France le 7/11/07)
Pays: USA

Ah ça, il n'y va pas avec le dos de la cuillere à Borsch!!!

Cronenberg est un grand psychopathe, c'est bien connu. Toujours à jouer avec ses démons comme David Lynch, il est surement aussi fou que lui mais dans un genre plus violent.

Ici, la première scène donne le ton. Un gentil garçon un peu simplet fait une deuxième bouche à un autre au lieu de lui faire un brushing. Sans que ce ne soit une profusion de scènes violentes, on n'en prend tout de même beaucoup dans les yeux mais cette violence n'est jamais gratuite.

On rentre ici dans la monde, la mafia russe, où la vie d'un homme (et surtout d'une jeune fille) n'a pas beaucoup de valeur. Et, confronté à tout cela, Anna, dont le travail est de donner la vie, n'est vraiment pas dans son milieu naturel. Elle va tout de même s'accrocher à ses résolutions malgré la pression contraire de sa famille, les menaces à peine voilées du patriarche et la violence de son fils et de son homme de main. Mais ce qui frappe avant tout, comme dans tout film de mafia réussit (où dans les Sopranos), c'est ce contraste permanent entre la respectabilité affichée, le restaurant, les repas de famille et cette violence rentrée qui n'y fait que très rarement intrusion. Quand les enfants sont là, rien de transparait. Quand tout le monde est parti, on parle aisément de supprimer quelques vils personnages de la face du monde ou de se débarasser de la petite sage-femme qui commence à les leur briser menu!!!
promessesdelombre-2.jpg
Cronenberg, comme à son habitude, joue avec les faux-semblants (comprendra qui peut). Loin d'être linéaires, les personnages vont pratiquement tous révéler leurs vrais visages avec en tête Vigo Mortensen personnage glacial et sec tant moralement que physiquement. Sa froideur irradie à l'écran et rares sont les personnages à ne pas en être gagner en sa présence (phrase totalement alambiquée). Vincent Cassel est lui dans un registre proche de la folie qui ne m'a pas énormément convaincu car déjà beaucoup mieux incarné par Al Pacino (Scarface) ou Nicolas Cage (Kiss of death) . Pour ce qui est de Naomi Watts, c'est un ange et Armin Muller-Stahl, malgré un physique de grand-père gateau, se retrouve encore dans un personnage aux multiples facettes dont une très inquiétante comme dans Music Box.

Même si Cronenberg ne relache jamais la pression, j'avoue que je suis sorti de là un peu frustré, j'en aurai voulu plus. Sans dire que la fin est baclée, certaines révélations donnent envie de savoir ce qu'il va se passer aprés mais il a choisi de se focaliser uniquement sur cette interaction d'Anna avec le milieu, le reste n'est qu'une banale histoire de gangsters!!!!

En résumé, c'est bien maisj'en veux plus!!!!

Unikokivafairossilidaifixbienkeujyhaifailassieste

ps: Je me rend compte qu'à une époque, j'étais super à la pointe, je sortais les critiques de films en début de vie. Maintenant, je sors celles de films en fin de vie. Il faut que je me recale!!!!

Samedi 24 novembre 2007
T'as changé!!!!

PJ-WhiteChalk-1.jpgRésumé:
J'ai toujours beaucoup écouté PJ Harvey (attention se prononce Pidjé) et surtout 4 albums, Dry, Rid of Me4-track-demos et To bring you my love. Même si ses dernières productions étaient un peu en dessous (particulierement son album avec John Parish), les autres sont de tels monuments que je ne pouvais pas totalement l'enterrer, cette brave Polly Jean. Et elle vient (il y a quelques semaines) de sortir un album, mais ce n'est plus vraiment elle!!!

Avant, quand elle était petite, elle était très en colère et elle le montrait. Des morceaux comme Reelings ou Snake sur le 4-track-demos. Bon il faut dire aussi que celui-là était vraiment le plus énervé car très sec, fait uniquement à la guitare avec un magnéto 4 pistes comme son nom l'indique. Mais, même si ce n'était pas systématiquement dur, elle était tout de même plus dans la guitare que dans le violon (même s'il y en avait parfois), et j'aimais ça.

Sur son dernier album, revirement total.

Elle est au piano. C'est toujours noir mais plus de la même façon. Elle ne hurle plus, elle joue plus avec sa voix . Ca, elle l'a toujours fait mais elle cherchait à aller vers des voix graves et rocailleuses (Meet the monsta sur To bring you my love) maintenant elle va vers les aigus. Cela rend ses compositions beaucoup plus aériennes mais certainement pas plus apaisées. Pour ceux qui connaissent Tori Amos, sur un morceau comme When under Ether, je m'y tromperais presque. Je me souviens d'une époque, vers 1996-97, au siècle dernier, où Bjork, Tori Amos et PJ Harvey étaient souvent mises dans la même mouvance tout ça parce que c'était des filles jeunes, belles, indépendantes et un peu énervées. Perso, j'ai toujours trouvé ça très cavalié même si j'adule les 3. Mais bon, même si elles me plaisent toutes beaucoup, je n'avais pas l'impression à l'époque qu'elles jouaient dans la même cours avec la premiere en expérimentation permanente sur des rythmes electro-pop, la deuxième avec son piano et ses jeux de voix et la troisième avec sa guitare en furie (allez accouche, où tu veux en venir?????).
PJHarveyBjorkToriAmos-1.jpgPolly Jean Harvey, Björk Duômundsdottir, Tori amos dans ces années-là

Donc je veux en venir que maintenant je comprend.
Elle a vraiment changé de registre (et va largement empiéter sur les plates-bandes de Tori Amos).C'est noir, c'est lent, c'est mélancolique, c'est triste mais qu'est-ce que c'est bien!!!!! Une chanson comme To talk to you, vous l'écoutez puis vous allez voir Secret Sunshine et vous êtes bons pour un petit Porzac des familles. Sans avoir abandonné sa révolte, elle signe là une oeuvre magistrale qui faut écouter en fermant les yeux.

Et juste pour vous, parce que vous m'êtes fidèles malgré mes manquements de ces dernières semaines, ben je vous met une petite compile  des morceaux que je mentionne dans cet article composée sur Deezer. Vous connaissez Deezer? Vous voulez que je vous explique???

free music


En résumé, simplement magnifique.

UnikokinevipludanlepassaidePJ
par Nico publié dans : Zic
Vendredi 23 novembre 2007
Illumination et désillusion...

secretsunshine-1.jpg Résumé:
Shin-Ae vient de perdre son mari. En mémoire de lui, elle décide de réaliser son rève, retourner dans sa ville natale, Miryang avec leur fils, Jun. Elle prend ses marques dans cette petite ville tranquille, elle commence à se faire des amis, un prétendant lui coure aprés. Jusqu'à ce qu'un nouveau drame la frappe et là, c'est la descente aux enfers.

Réalisateur: Lee Chang-Dong
Acteurs: Jeon Do-Yeon, song Kong-Ho, Cho Young-Jin....
Année: 2006 (sortie en France, 17/10:2007)
Pays: Corée du sud

La douleur dans la pudeur...

Attention, si votre chat est mort ce matin, évitez ce film, c'est du lourd. Sans voyeurisme, sans pathos, avec même une certaine froideur, Lee Chang-Dong nous raconte une histoire horrible, celle de 2 pertes insupportables mais, plus que sur ces pertes, c'est sur le chagrin et la douleur que l'on s'attarde ainsi que sur les moyens pour remonter la pente.

La religion protestante (mais aussi la catholique) fait de plus en plus d'adepte en Corée du sud depuis une vingtaine d'année. Traditionnellement chamanistes ou boudhistes, les coréens l'ont découvert comme on découvre le 501, les Nike ou les chemises Burberry. C'est pour eux, outre une religion, un symbole occidental.

Dans son malheur, Shin-Ae va se tourner vers la religion incitée par sa pharmacienne de voisine qui a décrétée dès le début qu'elle était malheureuse. Elle y trouve un certain réconfort mais on sent toujours planer au dessus d'elle cette tristesse qu'elle enfouie au plus profond d'elle-même.  Elle semble réellement trouver du soutien dans les prières, les chants prosélytes devant la gare, les réunions Tupperwares avec les bigotes, les messes du dimanche matin. Elle se jette tellement éperdument dans tout ce mensonge qu'elle cherche à appliquer les préceptes les plus pointus sur lesquels même l'abbé Pierre, Pie XII ou Hitler se sont cassés les dents, aime tes ennemis. Elle va s'y essayer, malheureusement, le boulot a déjà été fait!!!!

Donc, en dehors de cette douleur insoutenable qui nous est décrite avec beaucoup de froideur (lumière naturelle, caméra posée, pas de gros plans aux moments les plus poignants), c'est bien d'illumination que l'on nous parle. La religion, en tant que soutien, peut faire son travail mais peut aussi ne pas résister à la révolte individuel, au sentiment si puissant de l'injustice. Je ne peux pas exposer ici tout ce qui est démontré dans le film sans déflorer certains éléments de l'histoire donc autant que je m'arrete là!!!

Coté acteurs, tout tourne autour de Jeon Do-Yeon et c'est incontestablement un excellent choix. Elle incarne un personnage complexe et totalement imprévisible. Sans prendre systématiquement le contre-pied de ce que "devrait" faire son personnage, elle lui donne une profondeur qui va bien au delà de la simple femme éplorée. Elle a eu le prix d'interprétation à Cannes pour ce rôle et on voit pourquoi.

En résumé, un film dur mais beau.

Unikokivahalaiho6nochesseuhouikend
Jeudi 22 novembre 2007
Eloge de la lenteur et des  menteurs...

Jessejames-1.jpg Résumé:
Jesse James est bandit de grand chemin. Robert Ford est un pauvre gars qui marche sur ses traces. Fasciné par le personnage, il va devenir son bras droit, son plus grand fan, son ombre. Jesse James le sait, le sens, s'en accomode, en use et abuse un peu.

Réalisateur: Andrew Dominik
Acteurs: Brad Pitt, Casey Affleck, Paul Schneider, Sam Rockwell...
Année: 2007
Pays: Etats-Unis


Jésus et Judas, Johnny Rotten et Malcom Mac Laren, Rodin et Camille Claudel, Dali et Amanda Lear. Un maitre, un bourreau, un disciple, un traitre, une victime.

Je vais commencer par les acteurs. Brad Pitt et Casey Affleck. L'ange de la mort, le mythe vivant. Rarement il n'aura été aussi charismatique à part peut-être dans les Ocean de Soderbergh mais avec Georges à coté, on le voit moins. Toujours est-il qu'il irradit pendant tout le film et ça tombe bien, le rôle veut ça. La caméra l'aide aussi beaucoup. Casey Affleck est son anti-thèse. Discret, laid, timide, quelconque, le regard fuyant, lui irradie la petitesse et la lacheté avec son petit sourire qui donne systématiquement envie de fuir à grand pas.

Et ce n'est pas l'histoire d'un mythe mais bien celle de son assassin et de son forfait.
Tout comme Jésus aurait demandé à Judas de le dénoncer, on a l'impression, tout au long du film, que Jesse James traine sa rédemption dans ce personnage trouble, néfaste et détestable mais il le fait en toute connaissance de cause. Tout tourne autour de la fin d'un mythe, des miettes de célébrités qui peuvent rejaillir sur son entourage, de celui qui est tout et qui ne s'en rend pas compte et de l'autre qui n'a rien mais qui rève de tout. Preuve que l'assassin est plus important que la victime. Le film ne se termine pas sur la mort de Jesse mais bien sur celle de Robert (pas de révélations ici, on sait aussi qu'il ne va pas l'emporter au paradis).
Jessejames-2.jpg
Et, comme l'auréole autour de la couronne d'épines de Jésus, Jesse est entouré d'un halo. Le chef-opérateur multiplie les effets de flous, les arrières-plans vaporeux, les couleurs cépias de vieilles photos jaunies par le temps. Jesse est une icône et l'image le prend comme tel. Jesse se dresse seul face à ce train dans la nuit. Il est le seul à avoir la lumière à la main, tous les autres se sont éteints.

Mais tout ceci prend un peu trop de temps. Andrew Dominik joue avec la lenteur, avec la fascination qu'exerce Pitt/James mais quand on connait la fin, on aimerait parfois qu'il abrège un peu. Heurement que l'image est magnifique sinon on pourrait bien s'assoupir.

En résumé, 20mn en moins et ce film est un chef-d'oeuvre, là, il est juste exceptionnel.

Unikokasecretsunshinapondre

ps: A noter aussi une composition impressionnante de Sam Rockwell qui avait déjà fait beaucoup parler de lui pour Confession d'un homme dangereux du Georges mentionné plus haut.
Mercredi 21 novembre 2007
Farce lyrique...

Résumé:
Leporello exécute les basses oeuvres de son maitre, Don Giovanni. Ce dernier passe son temps à séduire des jeunes femmes, grandes dames, paysannes, servantes, espagnoles, allemandes, italiennes, françaises et bien d'autres. Il les arrache à leurs fiancailles, leur fait miroiter monts et merveilles pour finalement les abandonner dès qu'il a consommé. Mais là, il vient de tuer le commandeur, le père de sa dernière conquête, Donna Anna. De plus, Donna Elvira a une méchante dent contre lui, il l'a un peu laissé tomber comme une vieille chaussette. Autant dire que l'étau se ressert autour de Don Giovanni.

Direction musical:Güner Neuhold
Mise en scène: Brigitte Jaques-Wajeman
Chanteurs: Ildebrando D’Arcangelo, David Bizic,Tamar Iveri, Barbara Haveman

Quand Mozart s'empare d'un mythe...

Aprés recherche, l'histoire de Don Juan a été transcrite et adaptée par de multiples auteurs tant français (Corneille, Molière, Mérimé, Montherlant) qu'espagnols (Tirso de Molina, José Zorrilla y Moral), allemands (Hoffmann) et bien d'autres. Il est ici adapté par le livrétiste de Mozart, Lorenzo Da Ponte. L'histoire est donc légèrement différente de la version de Molière (ma plus connue pour l'avoir vu cet été). Mais bon, tout y est. Leporello, fidèle valet qui n'arréte pas de se plaindre de son sort et de tous les malheurs causés par son maître mais qui continue néanmoins à le couvrir et à le tirer des mauvais pas dans lequel il se fourre. Don Giovanni, être amoral au possible qui n'a pour seul but dans la vie QUE de séduire le plus de femmes possibles sans aucune considération de rang, de beauté, de nationalité. Donna Elvira, la vengeresse qui coure aprés Don Giavanni mais qui en est toujours amoureuse. Et toutes la galerie de fiancé(e)s trahis.

La musique de Mozart, si elle n'est pas aussi connu que sur la flûte enchantée (enfin selon moi et je ne suis pas une référence), n'en demeure pas moins enchanteresse (eheh). Les ouvertures grandioses, les envolées lyriques (la mort du commandeur, le petit livre rouge), les fins d'actes en choeur. Et, comme d'habitude lors de concerts, j'ai toujours ce frisson qui passe à un moment ou à un autre, souvent au début. Cette fois, ce fut (waouh, le passé simple) alors que le commandeur agonisait, transpersé par le sabre de Don Giovanni.

Bon, je ne vais pas vous refaire le coup de la drogue mais bon, c'est tout de même un peu ça. Avec une mise en scène beaucoup plus classique que pour la flûte enchantée, on passe tout de même un moment drôle et féérique. Les chanteurs étaient tous d'un niveau exceptionnel avec des mentions spéciales pour Don Giovanni, Leporello, Donna Elvira et Donna Anna, en gros les 4 rôles titres.
Traité sur un registre beaucoup moins dramatique que le Don Juan de Molière, on sait dès le début qu'il n'en réchappera pas. Personnage pathétique et magnifique, Mozart ne nous le montre pas comme un héros mais plus comme une victime de ses propres pulsions. Il se trouve des excuses, en aimer une seule, c'est privé toutes les autres de son amour, quel égoïsme!!!! Leporello, moins lache que Sganarelle, est vraiment drôle. De plus, la façon avec laquelle Zerlina lache sont Masetto est un assez grand moment!!!

DonGiovanni-1.jpgCoté décors et mise en scène, on est aussi dans un conte de fées. Le trompte l'oeil en arriere scène représentant un ciel nuageux ainsi que les jeux de lumière qui l'ccompagne sont magnfiques. Le "plafond" de la scène est "recouvert" de feuillage. Aprés la première scène meurtrière, des troncs d'arbres descendent des cieux afin de composer une forêt. Je dois avouer que ce moment est particulièrement impressionnant (imaginez la machinerie derrière tout ça!!!). Cette forêt devient partie intégrante de la pièce. Elle ménage des cachettes qui vont être utiles à Masetto ou à Don Giovanni. Seul gros point noir, selon moi, une éclairage plus que contestables depuis les cotés de la scène. Pratiquement aucun éclairage frontal si ce n'est lors de la dernière scéne. Les acteurs étaient donc toujours un peu dans une semi-pénombre pas très agréable. Quel parti-pris artistique peut jusitfier ça, je cherche encore. Peut-être que tant que Don Giovanni est vivant, les ténèbres régnent sur terre et, à sa mort, le jour et l'innocence ont enfin vaincu. Peut-être que l'éclairagiste était bourré? Peut-être y-a-t-il eu une pénurie d'ampoules donc ils les ont garder pour la fin? Va savoir Charles!!!!

En résumé, que dire? Mozart, ça le fait. Don Giovanni aussi. En gros, ça la fait!!!

Unikokaivolontairementrivial

par Nico publié dans : Zic
Vendredi 16 novembre 2007
4 salles, 3 ambiances...

Résumé:
Le festival des Inrocks à 20 ans. Ce n'est pas un festival comme les autres car il n'y a absolument pas unité de temps et de lieu. Il a lieu sur une semaine, je crois, et dans plusieurs villes de France dont Toulouse.

Il y avait 2 soirées à Toulouse, nous avons assisté à la première qui rassemblait Yell, Jack Peñate, The Go! team et The Gossip.

Quand je parle de 4 salles, 3 ambiances, c'est parce qu'on a un peu fait exprès de zapper Yelle qui avait la malchanche (mais une chance pour nous) de passer en premier. Non parce que c'est chanson façon Lio, ça va 5mn. Mais bon, le peu que j'en ai entendu, c'était assez péchu et elle n'est pas sortie sous les sifflets.

Et arrivé ensuite Jack Peñate. Pour l'avoir écouté un peu sur Deezer (vous voulez que je vous parle de Deezer???), je ne venais clairement pas pour lui. Petite pop gentillette avec parfois des petits relancs de reggae ou de ska. Ce n'est pas rock à mon sens du terme, juste rigolo.
Et ben franchement, sur scène, j'ai été plus qu'agréablement surpris. Il a une présence indéniable le coco. On dirait de Jesse Garone (le lien ressemble vraiment à une grosse connerie), il bouge dans les sens, il agite frénétiquement son poignée sur sa gratte (il doit être célibataire), il joue avec sa voix qui est plutot du genre très agréable. Accompagné simplement d'un batteur et d'un bassiste (me souviens pas s'il y avait un autre guitariste?), il met le feu à la scène et aux anglaises dans la salle. D'ailleur, une question, comment reconnait-on des anglaises dans un concert au Bikini le 13 novembre? Réponse, ce sont les jeunes à être habillés comme s'il faisait 30 à l'ombre. Mais revenons à nos moutons (and now for something completely different). Donc le gars Jack Peñate, il en impose sur scène malgré son jeune age et franchement, le chanteur des Arctics Monkeys, il fait le dizième de ce que fait Jack et c'est le roi de pétrole!!!

Ensuite, the GO! team. Comment ne pas penser à Arcade Fire quand ils sont sur scène? Premiere configuration, 2 batteurs, 2 guitares, une basse et une chanteuse. Par la suite, la config va changer et encore changer et encore changer. Chacun joue de plusieurs instruments qui de la batterie, qui de la basse, qui du micro, qui du clavier, qui de l'harmonica. Style beaucoup moins dépouillé donc que Jack Peñate. Ici, c'est un vrai groupe presque une chorale. Les rythmes sont joyeux, enlevés, énergiques. Parfois, les intros ou certains instrumentaux me font vraiment pensés à des génériques de séries des années 70. Débauche d'arrangements, des cuivres dans tous les sens. C'est d'ailleur l'un des regrets, les cuivres étaient sur des bandes mais bon, ils jouent tout de même beaucoup de choses "Live" et sont très forts pour mettre une ambiance de feu. Je ne dis pas que j'écouterais ça pendant des heures mais c'est tout de même entrainant.

 



Et pour finir, le clou de la soirée. The Gossip, eux aussi en configuration minimale. Beth Ditto moulée dans une robe fourreau malgré ses 130kg (y a pas de raison). Et quand on parle de The Gossip, c'est vraiment et uniquement The Gossip. Une batteuse tattouée comme un camionneur, un guitariste/bassiste avec une mèche à la Indochine et Beth, rien de plus. Tout de suite, elle prend possession de la scène. Elle y est bien, elle y est seule. Ils enchainent les morceaux du dernier album avec beaucoup de rythme et de fluidité. Beth commence souvent les chansons à capella et les instruments viennent se greffer dessus. Ca saute dans tous les sens dans la salle, les slams s'enchainent sans que qui que ce soit ne viennent les empécher, cool. Enfin sauf pour le nez de Caro mais bon!!!! Le concert se déroule sur un petit nuage, rythme jazzy, soul, rock, très rock, voix chaude de Beth Ditto. Elle capte les regards et pas uniquement à cause de son 120 bonnet F!!!! Elle bouge bien, pas étonnant qu'elle ait été nommée parmi les personnalités les plus sexy de l'année 2006 lors de NME awards. C'est finalement ce sac d'os de Kate Moss qui a remporté le prix, ils ne pouvaient pas faire plus grand écart!!!

Toujours est-il que The Gossip, passant en dernier, s'est payé un petit rappel. Et notre bonne Beth est revenue en "petite" culotte (disons gaine) et soutien-gorge. Elle a commencé à s'agiter à l'avant de la scène puis elle s'est tournée et à baisser sa culotte afin d'exiber un magnifique Fuck you marqué au feutre sur le bas rein. Et de l'autre, elle avait inscrit Grosse sur l'un de ses bourlets ventraux. Classe!!!! Enfin bon, elle n'avait pas besoin de ça pour mettre le feu à la salle!!!

En résumé, ben franchement, un très bon concert, rien à jeter.

Unikokissiremaihunpeu
par Nico publié dans : Zic
Jeudi 15 novembre 2007
Contribue, mon bon, contribue...

Résumé:
Qui s'intéresse un tant soit peu au monde numérique ces temps-derniers a du entendre un peu parler du WEB 2.0. Tout comme tout était passé en ++ quand le C++ est apparu, maintenant, tout ce qui a trait au nouveau WEB est affublé de l'épithète 2.0 parce que ça fait classe. Sans qu'il y ait une définition trés précise de ce truc, moi, je commence à la voir, le OUEB 2.0!!!!!

Déjà, pour revenir sur Deezer (ou LastFM) et sa révolution.

Quelque chose que je n'ai pas mentionné dans mon article sur Deezer, c'est que tout ceci est absolument légal. Que ce soit LastFM mais surtout Deezer, ils ont passé des accords avec les sociétés de droit d'auteurs ainsi qu'avec certaines maisons de disques afin de pouvoir diffuser la musique en toute légalité. Ce qui veut dire que vous n'avez pas à vous sentir coupable de télécharger des gigas et des gigas de musique que vous n'écoutez pas. Maintenant, vous faites vos playlists sur Deezer, vous les supprimez ou pas et, si vous le voulez, vous téléchargez ou achetez les albums.

Depuis que je suis dans l'illégalité, je ne suis jamais autant allé aux concerts.
Je ne sais pas si je vais rentrer dans le rang mais il est incontestable que Deezer ou LastFM sont des outils qui pourraient m'y aider. Pour preuve ce que j'ai fait cette semaine. J'ai créé des playlists sur Deezer avec tous les derniers albums rock qui avaient été bien notés sur les Inrocks. J'ai écouté tout ça, j'en ai ajouté, supprimé. Ca, avant, je l'aurais fait en téléchargeant tout ça pour ensuite voir ce qui me plaisait ou pas. Et je peux vous assurer que c'est méchament plus pratique avec Deezer. Pas besoin de chercher sur la mule, pas besoin de tomber sur des bolards, pas besoin de trier les mp3 salement tagger (je ne met pas n'importe quoi dans ma bibliothèque musicale!!!).

On en revient au coté participatif. Avec Deezer (et je crois que les utilisateurs certifiés peuvent le faire avec LastFM), vous pouvez uploader vos propres morceaux sur le site. Dans un premier temps, ils ne sont visibles que par vous et, une fois que les administrateurs du site ont vérifié qu'ils avaient les droits dessus, ils le diffusent au reste du monde. Ce ne sont donc pas les concepteurs et administrateurs qui créent leur contenu mais bien les utilisateurs. C'est la même chose avec LastFM qui, avec le scrobbling, enrichie sa base de données à chaque fois que vous écoutez de la musique sur votre machine. Ils ne diposent pas forcément des fichiers mais au moins, ils savent que ça existe.

Et c'est bien là dessus qu'est basé, selon moi, le WEB 2.0. La participation accrue des utilisateurs. Ce sont eux qui créent les contenus. On le voit avec la popularité des Blogs.
Quand le oueb a débuté, seule une petite poignée d'élus pouvaient être parties prenantes. Il fallait parler le html couramment pour pouvoir s'exprimer.
Puis sont arrivés toutes les technologies web type PHP qui permettent une gestion simplissime des interfaces. Maintenant même la plus grosse quiche en informatique de mon accabi est capable de faire un site web. Tout est prémaché pour maintenant ne plus se concentrer que sur le fond, la forme est sous-traité!!!!
A mon sens, il est là, le WEB 2.0. Tout le monde partage tout, la musique, les recettes, les avis, les idées, les jeux.

Mais, encore beaucoup plus qu'avant, nous sommes dans l'immatériel.

Lorsque vous écoutez The Gossip sur Deezer, pas de CD, pas de fichiers. La musique vous arrive pas les tuyaux.
Lorsque vous utilisez Marmiton pour une recette, pas de livres, pas de fiche cuisine. Toujours les tuyaux.
Lorsque vous jouez sur KadoKado, Kochonland, Prizee, StudioQuiz, vous êtes face à votre ordinateur.
Lorsque vous jouez à des jeux massivement multijoueurs type WOW, pas de copain à qui taper dans le dos.
Lorsque vous jouez au Poker sur le net, pas de cigare, pas de whisky, pas de regards en coin. Pas non plus de cartes dans les mains.
Des tuyaux partout.

Pour me concentrer sur la musique, utilisez Deezer, c'est être nomade. Vous écoutez votre playlist chez vous, à Singapour, chez des potes. Mais attention, être nomade avec une connection!!!!
Que font les nomades sans connection?
Peut-on imaginer ne plus avoir de connection?
Peut-on imaginer ne pas avoir de traces, ne pas posséder ne serait-ce qu'un petit fichier de 6Mo contenant Listen Up???

En résumé, je vous pose des questions, répondez-moi!!!!

Unikokapleindetruksurlefeu
par Nico publié dans : Zic

Un fort s'abonne

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Pour les moins forts

Inscription à la newsletter

Calendrier

Novembre 2007
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30    
<< < > >>
Blog : Lesbien sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus