Lundi 9 juillet 2007
Vite lu mais pas vite vu...

Résumé:
Il quitte sa fille et sa femme pour aller dans un pays inconnu. Immigration de masse, on le traite comme du bétail, il cherche où dormir, quoi manger, où travailler.

Bédé de Shaun Tan, un autralien. Aucune parole, que des dessins. Et c'est quand il n'y a pas de parole que le scénario prend toute sa valeur!!!!

Histoire d'un déracinement, cette bédé est un petit bijou de métaphores, d'ellipse et de références visuelles.

Comme je l'ai dit, aucune parole. Tout passe par les situations, les expressions sur les visages, le monde alentour, en clair par le dessin et surtout par le scénario. Shaun Tan joue beaucoup sur les répétitions de dessin pour traduire la répétition des situations. Il invente aussi un monde totalement onirique et inconnu pour bien traduire la nouveauté. Dans ce nouveau pays, aucune référence à ce qu'il y avait avant. L'écriture ressemble à des signes kabbalistiques, il n'y a pas de pain mais des fruits et des légumes bizarres, les gens ne semblent pas parler la même langue ce qui entraine d'énormes problèmes de compréhension, les animaux domestiques sont très étranges.



Mais la vie s'organise, des rencontres se font, chacun raconte pourquoi il est venu ici. Diverses raisons. Celle des amis du héros donne lieu aux plus belles planches de l'album. Des géants, avec des bottes énormes, qui absorbent la population avec des tromblons géants. Ils (les amis du héros) ont réussi à fuir tant bien que mal pour finalement échouer dans ce pays où la paix règne. Ou l'histoire de ce vieillard (finalement ce sont peut-être celles-là les plus belles) qui a du quitter son pays à cause de la guerre.


Comme vous l'aurez compris, les dessins sont magnifiques. Pour la plupart dans les tons cépias, je ne pas trop quelle technique Shaun Tan utilise mais c'est magnigique (2 fois). 2 types, soit des petites cases qui reprenent une même scène avec des variantes, soit carrément des pages entières voire doubles pages qui donnent des vues d'ensemble du bateau qui mène le héros dans sa terre d'adoption ou de la ville où il vit. Plusieurs fois aussi, Tan exploite la technique du zoom arrière pour représenter l'immensité du pays ou la petitesse du héros (image du héros dans sa cabine de bateau puis zoom arriére, son hublot au milieu d'autres, re-zoom arrière, on ne le distingue plus, son hublot est quelque part parmi tous les hublots qui composent le flanc du bateau).

En résumé, ben franchement, euh, comment dire? A voir, à revoir, à rerevoir. Un hommage à tous les migrants de la terre.

Unikokilarevupourfairlacritikmaikivassuremenlarerevoirjustepourleplézir
par Nicolas Moreau publié dans : Bédé

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