Résumé:Simon était écrivain. Aprés s'être tu lors d'une interview, il a cessé d'écrire. Sa femme a alors repris son travail d'orthophoniste et en a aussi profité pour prendre comme amant l'ORL de l'hopital. Simon est devenu indifférent à ses enfants, à la vie mais pas à la montre de son psy.
Auteur: Jean-Paul Dubois
Adapté au cinéma par Sam Karmann avec Jean-Pierre Bacri et Nicole Garcia
Alors, je ne peux pas m'empécher de faire une comparaison avec Houellebecq en moins et en plus. Désolé.
Jean-Paul Dubois nous livre là une tranche de vie. La vie d'un homme qui semble avoir tout vécu et surtout qui semble être revenu de tout. Ses sentiments se sont éteints un jour et il essaie tant bien que mal de les faire renaitre. Il ne reste chez lui que beaucoup de mépris pour ce qui l'entoure et avant pour ce qu'il est devenu, un spectateur de sa vie et de celles des personnes, un étranger dans sa propre maison.
La comparaison avec Houellebecq est surement un peu forte. Mais on sent réellement la résignation du héros houellebecquien. Et bien sûr; par héros, il faut entendre male lambda blasé et noir. Simon n'est pas aussi irrécupérable que peut l'être Michel dans Plateforme, il a encore foi en quelque chose. Peu de chose mais tout de même. Il a foi en sa femme et en la montre de son psy, ce n'est pas rien!!!
Tout le talent de Jean-Paul Dubois est de nous faire aimer ce personnage et surtout sa famille. Chaque membre a sa place dans cet édifice de reconstruction même (et surtout) l'amant ainsi que le futur gendre. Il sait toujours rire des situations qui sont, il faut l'avouer, totalement ridicules.
Seul bémol que je mettrais, c'est cette fixation sur la montre de Kennedy. Le 4e de couverture en fait des caisses là-dessus alors que, même si on en entend parler assez tôt, elle n'intervient que trés tard dans l'histoire. C'est donc un peu dévoiler la fin que d'avoir focaliser l'accroche du livre sur cet élément, je trouve ça dommage, c'est une faute de l'éditeur. J'ai donc passé mon temps à attendre de voir ce qu'il allait faire de cette montre!!!
Pour ce qui est du style de Jean-Paul Dubois, il est parfois totalement jouïssif et drôle. Trés haché, il excelle dans les petits paragraphes rentre-dedans dans lesquels il va décrire un événement en apparence anodin mais qui va prendre beaucoup d'importance. Il met toujours son héros en position de décalage, et je dois avouer que j'adore ça!!!
En résumé, un livre drôle et plein d'espoir sur la condition humaine.
Unikokaihencoralabour
ps: Un autre petit cadeau
Résumé:Maximilien Ophüls se fait assassiner sur le pas de la porte de sa fille, India, en plein Los Angeles. Son meurtrier n'est autre que son propre chauffeur, Shalimar. Flash-back. On revient 30 ans plus tôt. Shalimar est funambule dans un village du Cachemire. Il est amoureux de Boonyi. Tout se passe bien jusqu'à ce qu'un américain débarque.
Auteur: Salman Rushdie
L'Histoire comme je l'aime.
Déjà mon histoire avec ce livre. Vous devez le voir dans la colonne de gauche de ce blog depuis un moment. Non, ce n'est pas un oubli ou de la négligence comme pour les BD. Ca fait bien 4 mois que je suis dessus. Pavet de 600 pages écrites tout petit, il est un peu indigeste au début (et je n'ai plus l'habitude de lire des livres sans images moi!!!!). En fait, ce qui le rend indigeste, ce sont toutes ces évocations du Cachemire, des légendes hindous ou mulsulmanes, les noms de villages, les noms des habitants, les noms des plats et des héroïnes romanesques. En gros, toutes ces évocations d'une culture qui n'est pas la notre et qui rendent la lecture trés compliquée devant la quantité de noms qui se ressemblent tous. Parce que bien sûr, il ne vous viendrait pas à l'idée de confondre un mec qui s'appelle Jean-Claude et sa femme Marie-Monique avec les boeufs mironton ou le confit de canard qu'ils se préparent pour le repas du dimanche midi. Non, il ne vous viendrait pas ça à l'idée. Et bien en hindou, si, ça vient à l'idée!!! Donc, je ne saurai trop vous conseiller de faire une fiche de lecture au début pour vous y retrouver plus facilement.
Mais, passé cet obstacle, le livre se révèle être d'une qualité à laquelle je ne m'attendais pas.
Rushdie utilise la petite histoire pour nous conter la grande. Celle de ce jardin d'Eden qu'était son Cachemire natal qui s'est transformé en une plaie béante entre le Pakistan et l'Inde. Tout ce qu'il nous raconte là est loin de hanter tous nos livres d'histoire.
Ainsi, on voit ces vallées paisibles où musulmans et hindous vivaient en bonne intelligence se transformer en véritables brasiers pris en sandwichs entre 2 pays qui ne savent plus pourquoi ils se battent. On voit la montée de l'islamisme et des Talibans (avec frère Oussama), on voit la répression organisé par l'Inde, on voit la déchéance de ce peuple qui ne sait plus qui il est et surtout qui il veut/doit suivre.
Et au milieu de tout cela se joue les drames de quelques vies, d'une danseuse, d'un acrobate et d'un ambassadeur américain mais français. On suit ainsi la vie de chaque personnage depuis les origines jusq'aux moments fatidiques. Ce qui donne aussi le prétexte à Rushdie pour évoquer la seconde guerre mondiale et la résistance en France avec les faits d'arme de Max Ophüls ainsi que le procès O.J. Simpson à Los Angeles et les émeutes. Mais on voit aussi la formation de Shalimar qui va passer de l'artiste paisible dans une vallée du Cachemire à la lutte armée sur tous les fronts de la planète où le grand satan américain est présent. Mais il n'est pas fanatique (pas dans ce sens là en tout cas), il est juste animé par un désir de vengeance qui va le porter sa vie durant.
En résumé, c'est un gros et très bon livre dont on ressort en se disant que l'Inde, ce n'est pas que Gandhi!!!
Unikokihahapribokoudechozavecseulivre
ps: Je vais encore le laisser un peu dans la colonne à gauche histoire que vous vous souveniez qu'il était là.
Jeunes occidentaux de merde désabusés en livre.
Résumé:
X ne peut pas dormir alors il va à des groupes de paroles où des gens en sursis ou sortant de maladie racontent leurs malheurs. Et le malheur des autres l'aide à dormir!!!
Et il rencontre Tyler Durden dans un avion, juste au moment où son appart part en fumée. Alors il se retrouve dans la maison de Tyler. Mais avant ils se sont bien mis sur la gueule, comme ça sans raison. Et ils continuent, et ils entrainent du monde avec eux et fondent les Fight Club, on se met sur la gueule, pour le plaisiret mais ils vont aussi un peu plus loin...
Livre de Chuck Palahnuik sorti il y a un bon moment et qui a donné le film de David Fincher.
L'histoire d'un mal occidental. Des vies ineptes. Des hommes désabusés. Des métiers de merde. La seule issue envisagée dans le livre, le terrorisme. A petite échelle dans un premier temps mais toujours le terrorisme. Pisser dans la soupe, tagger des murs, taper sur la tête de son congénere. Accepter que l'on vous tape dessus parce que l'on sait que ça lui donne à l'autre l'impression d'exister.
L'action est tentante. Détruire un système corrompu où l'on ne se reconnait pas mais dont on est une des briques parmi tant d'autres. Miner les système de l'intérieur. Se débarasser de tous les dirigeants d'une société qui a mal tournée et dont on a l'impression qu'elle ne reviendra jamais sur les rails de la justice, de la probité (waouh, discours républicain!!!) et de l'égalité.
Dans le fightclub, tout le monde est égal, pas de chaussures, pas de t-shirt. Les nouveaux venus doivent se battre, doivent participer (démocratie participative!!!), seulement 1 contre 1 et chacun défie qui il veut, impossible de refuser. Dans le projet chaos par contre, chacun est une pierre de l'édifice mais doit exécuter les ordres qui lui sont donnés comme une petite armée, sans discuter. Mais tout le monde fait confiance à Tyler, s'il les a ramené à la vie, s'il leur a donné une raison valable de se lever le matin, il ne peut pas leur donner des ordres allant à l'encontre du but implicite, lutter contre cette société dans laquelle ils ne se reconnaissent pas.
Ah, la lutte armée, l'anarchie, faire tout péter parce que l'employé des postes à oublier de vous dire bonjour, parce que votre assureur a encore trouvé l'alinéa marqué en tout petit qui lui permettra de ne rien vous rembourser sur votre sinistre, toutes ces petites frustations de notre société moderne qui font que l'humain est enfouï très très très profond derrière des régles, des lois, des comportements primaires. La lutte armée donc. Qui n'a pas eu envie un jour de faire sauter sa banque et le banquier avec, de frapper la caissière désagréable, les parents d'élèves qui pensent que leurs gosses sont les 8e, 9e, 10e.... merveilles du monde alors que ce sont que des petits cons prétentieux. L'ACTION DIRECTE!!!!!!!
Mais la civilisation est passée par là. Tout cela n'est pas possible. Et c'est pour cela que ce livre est joïssif. Parce que Tyler Durden se tape de la civilisation, il tape un point c'est tout!!!!!
Mais que c'est mal écrit. Palanhiuk a écrit comme il a pensé ce livre. Du langage parlé, des contractions, des dialogues à la 3e personne directement intégrés dans le texte. Style incontestablement voulu pour se rapprocher de ses personnages et surtout de Tyler, être mal dégrossi, à la personnalité marquée qui pose le jeu dès le départ avec son histoire de notice d'avion. Mais cette personnalité ne justifie pas un torche-balle pareil. Bon, j'exagère un peu,l'histoire rattrappe le style. Et peut-être que la traduction n'aide pas.
En résumé, un livre mal écrit mais excellent par son idée de départ et la suite qui lui est donnée donc...
UnikokaipakenlailivressonmalaikrikomeWhiteJazzD'Ellroy
Résumé:
Michel est fonctionnaire. Il travaille au ministère de la Culture. Il organise des expos d'artistes contemporains qu'il n'aime pas ou plutôt qui l'indiffère. Tout l'indiffère et surtout ses congénères. Alors pour tuer le temps, il part en Thaïlande faire du tourisme, trainer dans les salons de massages, se faire branler et plus si affinitées par des prostituées Thaïs expertes en la matière. C'est un grand théoricien du comportement sexuel des occidentaux, du tourisme sexuel et du sexe en général...
Après Extension du domaine de la lutte (excellent) et Les particules Elementaires (j'ai moins aimé), Houellebecq frappe encore. Et assez fort!!!!
Comment ne pas le retrouver tout ou partie dans ce personnage désabusé, en marge et pourtant pleinement dans le système, qui porte un regard cru et sans concession sur ses semblables mais, pour ma part, je ne peux pas m'empécher de croire qu'il est plus que juste.
Avec une absence totale d'objectivité, Plateforme nous décrit un monde du tourisme absolument pas reluisant. Houellebecq ne se contente pas de parler des salons de massages Thaïs, des boites à partouzes ou SM parisienne, mais il nous décrit bien le tourisme en générale avec cette plongée au coeur des Tour Operator qui montent de toute pièce des circuits qui doivent faire recette. Et si on doit l'appeler Circuit Aphrodite pour faire venir les gens, si on doit passer des accords avec la prostitution locale, si on doit éviter de faire de la publicité en France pour ne pas choquer, et bien allons-y. L'important est que le club soit rempli.
Comme d'habitude chez Houellebecq, le personnage central traine sa carcasse dans un monde qu'il exécre, il semble être un inadapté total, un portrait de Picasso au milieu de la Joconde. Il a un regard tellement exterieur que rien ne peut lui aller dans ce monde si ce n'est ce que les autres réfutent, l'alcool, le sexe payant, l'échangisme...
Loin d'être un roman érotique, Plateforme décrit les scènes de sexe de façon crue, sans fioriture. C'est tout de même le sujet principal du livre donc il faut savoir à quoi s'attendre.
Toute l'analyse psycho-socio est incontestablement fouillée et documentée et, pour ma part, je suis ressorti de ce bouquin en portant un autre regard sur mes semblables, le sexe, le tourisme et finalement notre société en générale.
Attention, ce livre ne va pas révolutionner le monde mais il a au moins le mérite de faire réfléchir. Et l'autre coté de la médaille (les raisons qui font que certains pays sont obligés d'encourager ces pratiques) n'est pas abordé ici et heureusement. C'est un roman écrit par un occidental européen sur les occidentaux. Le sujet en est plus une analyse de notre (la notre) société que la dénonciation de pratique discutable.
En résumé, A LIRE.
Unikokafinmaikimengerahaprailessinoche
Résumé:
On suit un grand malade. Directement et par l'intermédiaire d'articles de journaux relatants les atrocités qu'il commet.
Un Ellroy comme je les aime.
Basé sur des faits réels comme Le dahlia noir ou Ma part d'ombre, on suit là u vrai tueur. Ellroy s'est emparé de l'histoire d'un tueur en série américain qui a sévit pendant les années 70 avec peut-être plus de 50 morts à son actif. Il a rassemblé nombre d'articles de presse, des rapports de police, l'autobio d'un agent du FBI (ça je ne sais pas si c'est vrai ou imaginé) pour ensuite rentrer dans la tête du tueur.
Vous êtes Martin Plunkett. Jeune paumé qui se cherche tantsexuellement que dans la vie. Enfance pas très rose, et la cavale commence. Premières victimes, un couple, un coup de hache dans la gorge, un dans le crane et ensuite, on continue. Comme ça, juste pour le plaisir ou pour évacuer ses frustrations.
Franchement, avec Ma part d'ombre, c'est l'un des meilleurs Ellroy que j'ai lu. On a vraiment l'impression d'être dans la tête de ce monstre. Il ne sait pas trop pourquoi il fait ça, nous non plus. Mais il le fait. L'histoire à la première personne ponctuée par les coupures de presse nous laisse croire que c'est un autobio mais non...
Pure roman noir avec cette ambiance de libération sexuelle, d'émergence de la société de consommation, Ellroy nous dresse un portrait d'une amérique des années 70 où Plunkett ne se retrouve absolument pas. Victime de son époque, de ses ancètres, il va finir par totalement basculer.
En résumé, attention, il faut aimer le genre mais pour moi, c'en est une des références au même titre que le silence des agneaux
Unikokamouchencor



