Mercredi 2 avril 2008
Horrible...

Résumé:
Fin du 19e siècle. Daniel Plainview à la niac. Il prend sa pioche et il creuse le désert américain, quelque part, on ne sait où. Au début, on ne sait pas trop ce qu'il cherche mais il a la niac. Puis il finit par trouver du pétrole. Il a toujours la niac. Il ne supporte aucun obstacle, aucun concurent, aucun contre-temps. Sa vie entière est dirigée vers le seul et unique but de trouver du pétrole et de faire fortune. Et même Eli, petit précheur charismatique, ne va pas faire long feu face au buldozer Plainview.

Réalisation: Paul Thomas Anderson
Acteurs: Danile Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Frasier...
Pays: USA
Année: 2008, sortie le 27 février 2008

Pas un divertissement...

Au début, ce qui choque, c'est la sécheresse. Celle des hommes, du son (pas de paroles, pas de musique pendant les dix premières minutes), de la terre et du travail. Puis vient le liquide qui se met à couler à flot et qui va transformer Daniel ou le révéler.

Sans que l'on ne sache rien de lui, l'or noir va le transformer en une machine. Son seul geste d'humanité sera de recueillir le fils d'un de ses compagnons de forage, mort au travail. Mais est-ce réellement désintéressé???

Vous l'aurez compris, tout tourne autour de Daniel autant Plainview que Day-Lewis.

Le personnage fait preuve d'une sécheresse de sentiments qui en font un misanthrope de la pire engeance. Son fils semble être son seul lien avec l'humanité mais, quand les choses deviennent compliquées avec lui, il s'en débarasse purement et simplement. Et il va faire de même avec tous les obstacles sur sa route vers la richesse.

Le petit Eli, précheur d'une communauté religieuse possédant les terres sur lesquelles Daniel veut forer ne fait largement pas le poids face à la machine Daniel. Il est prêt à toutes les bassesses pour forer et envoyer son pipeline jusqu'à la mer. Et il va les faire.
Sans savoir d'où vient cette haine de l'humanité, cette colère, cette méchanceté, il continue encore et encore, à verser sa bile sur tout ce qu'il l'entoure pour finir par un "I am finished" d'un double sens magestueux!!!!

Daniel Day-Lewis fait là une réelle performance de comédien. A aucun moment, on a idée de le plaindre. Sa deuxième naissance se fera dans un placenta de pétrole. On ne sait rien de lui, il se garde bien de répondre à toute question personnelle mais l'on sent que les choses n'ont pas été simples. D D-L et son jeu, P-T A et sa caméra, Jonny Greenwood (guitariste de Radiohead) et sa musique et enfin Robert Elswit et sa photographie nous font passer tout ça avec peu de mots, uniquement des images magnifiques, le visage de Daniel couvert de pétrole éclairé par le gisement en feu (le diable est bien sur terre!!!) et du son (je sais, mes phrases sont alambiquées!!). Paul Dano, en précheur pas très net, n'est pas en reste. Sa figure d'angelot cache aussi beaucoup de noirceur.

J'ai parlé de Jonny Greenwood. Ses rifs de guitare, les sons répétitifs, planants et inquiétants sont à rapprocher des sonorités de Nick Caves dans L'assassinat de Jessie James par ce lache de Robert Ford de Andrew Dominik ou de celle de Neil Young dans Dead Man de Jarmush. A croire que les guitaristes sont faits pour la musique de westerns hauts de gamme!!!!

En résumé, on sort de là secoué sans se dire que l'on a passé un moment divertissant. Non, ce n'est pas en soi divertissant mais qu'est-ce que c'est bien!!!! (un peu maso peut-être!!!)

Unikokenrefaihundetenzenten

Mardi 26 février 2008
Etre en cloque, c'est pas si grave!!!!

juno_1.jpg Résumé:
Juno a 16 ans, elle est au lycée et elle a méchament du retard. Elle a tellement de retard qu'elle découvre qu'elle est complètement enceinte. Une seule décision s'impose, l'avortement. Seulement voilà, le bébé, ben il a des ongles, si si des ongles!!! Alors finalement, au regard de ce paramètre importantissime, ben elle va se trainer son gros ventre contre vents et marées et essayer de refourguer son polichinelle à une gentille famille.

Réalisation: Jason Reitman
Acteurs: Ellen Page, Michael Cera, Jennifer Gardner...
Pays: USA
Année: 2007, sortie le 6 février 2008

C'est pas un drame!!!!

Voilà donc la grande réussite de ce film, ce n'est pas un drame. La jeune Juno est loin de se laisser abattre. Son père et sa belle-mère, même s'ils ne lui donnent pas leurs bénédictions, sont loin de la laisser tomber. Le père du mouflet est loin de revendiquer quoique ce soit, lui il veut continuer à manger des tictacs et à jouer de la guitare. La copine soutient comme une bonne copine se devrait de toujours soutenir.

Sans pathos, sans clichés, Jason Reitman réussit à nous compter une histoire drôle, émouvante qui tourne autour de ses personnages et surtout de ses acteurs. Les situations de départ sont toujours simples et ne sont pas montées en épingle. Chaque personnage pourrait être la caricature de lui-même. L'ado mutine et vaguement en révolte dans une famille recomposée. Le premier de la classe couvé par sa mère. Une belle-mère qui pourrait ne rien devoir à sa belle-fille. Un couple avec une femme en mal d'enfant et un mari , grand ado attardé, coincé par le perfectionnisme et le dirigisme de sa femme. Tous ces personnages, lorsqu'on les croise pour la première fois, pourraient sembler caricaturaux. Mais au fur à mesure de l'histoire, on se rend compte qu'ils ont beaucoup plus d'épaisseur. Elle leur est à la fois donnée par un scénario qui se refuse à emprunter les sentiers battus et par les acteurs qui les incarnent.

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L'autre force du film est l'absence totale de jugement. Jason Reitman avait déjà fait le coup avec Thank you for smoking, pamphlet pro-clope totalement amoral mais tellement drôle. Ici, on parle de la grossesse chez une ado. Mais personne ne vient lui taper sur les doigts, personne ne la juge, personne ne lui crie dessus. Pas de jugement de la part de ses parents, pas de jugement non plus de la part de la petite chinoise qui manifeste mollement devant le centre de planning familiale et pour finir par de jugement de la famille adoptante. La seule qui s'y risque, l'échographe, se prend un violent retour de flamme de la part de la belle mère qui est à mourir de rire. Tout nous est donc présenté comme un état de fait, une situation qu'il va falloir gérer, pas avec froideur, mais avec la sensibilité de tous les protagonistes. Et même quand ça commence à partir un peu en sucette et bien la vie continue!!!

Et pour finir, parlons des acteurs vaguement évoqués plus haut. Franchement, rien à redire, Ellen Page en Juno est rayonnante et charmante. Toute la galerie qui l'entoure est juste et trouve le temps de se faire une profondeur à commencer par son père pas si poule que ça. Très bon J.K Simmons vu dernierement en M. Jamesson, rédac chef peu scrupuleux de Peter Parker dans Spiderman qui campe ici un personnage presque aux antipodes du journaleux gueulard et de mauvaise foi. Il est doux et aimant, cynique et drôle. Sa femme, Allison Janney, est de même. Et pour les autres, Jennifer Gardner, Jason Bateman et Michael Cera, ben pareil!!

En résumé, une comédie douce et délicate qui fuit les clichés.

Unikokenlachunedetenzenten
Mardi 19 février 2008
Chérie, ça va trancher...

sweeneytodd_1.jpgRésumé:
Benjamin Barker revient à Londres et il n'est pas content. Le juge Turpin l'a condamné au bagne simplement parce qu'il s'intéressait très fortement à la femme de Benjamin, 15 ans d'emprisonnement. Sous le nom de Sweeney Todd et aidé par sa logeuse, Mme Lovett, il va reprendre son ancien métier de barbier et il est bien décidé à faire payer très cher au méchant Turpin son éxil, la mort de sa femme et la séquestration de sa fille, rien que ça!!!!

Réalisation: Tim Burton
Acteurs: Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman ...
Pays: USA
Année: 2007, sortie le 23 janvier 2008

Tim Burton en trichromie...

Il n'y a pas tromperie sur la marchandise, c'est du Tim Burton. Pas une imitation, pas un succédané, pas un ersatz. Ce n'est pas non plus TB qui fait du TB. Même si l'on retrouve beaucoup de codes visuels (les couleurs, les positionnements de caméra, la lumière...) ainsi que les thèmes chers à l'auteur (la pauvreté, la vengeance, l'amour impossible), on sent tout de même que TB a encore des choses à dire et qu'il fait toujours preuve de la même inventivité pour les dire. Pour preuve, il se frotte cette fois à la comédie musicale pure et dure.

Il avait déjà fait quelques incurtions comme dans L'étrange Noël de Mr Jack ou dans Big Fish mais sans que ce ne soit un partie-pris sur tout le film. Je dois avouer que j'y aurais peut-être regardé à 2 fois avant d'aller voir Sweeney Todd si j'avais su ça. On peut dire que c'est un genre qui me donne carrément des boutons et que j'évite soigneusement quitte à passer à coté de très bons films comme Les chansons d'amour l'année dernière. Je sais, je suis un peu buté parfois!!!!
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Mais revenons à nos moutons. On chante donc. Pas tout le temps, pas à la Jacques Demy, juste de temps en temps, avec des parties jouées "normalement" entre 2 chansons. Les chansons valent ce qu'elles valent, loin de moi l'idée de les juger. Mais elles s'insèrent parfaitement dans l'histoire et dans l'action gràce à la musique de Danny Elfman, toujours omniprésente, qui prépare les interventions chantées des acteurs qui ont plutôt de belles voix au demeurant!!! Et aussi un joli coup de rasoir!!!
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Le rasoir justement. Il est l'arme vengeresse de Benjamin Barker, il est la continuation de son bras (beau clin d'oeil  à Edouard aux mains d'argent), il est une partie de lui. Et il sait le manier le bougre. Il n'a qu'un et un seul but, trancher la gorge des malendrins responsables de son malheur à savoir le Juge Turpin et cette carpette de Bailli Bamford. Et c'est au moment où la machine à trancher va se déchainer que Burton va laisser libre cours à ses instincts morbides et surtout à ses qualités de peintre. C'est à ce moment là que la couleur va se déchainer. Tout était gris, terne, morne, sale, en noir et blanc. Puis les têtes vont tomber et un flot de rouge va se déverser. Sweeney Todd nous gratifie d'un florilège de gorges tranchées, chacune avec son propre style , sa propre technique. Pas une ne ressemble à la précédente. Et Burton met tout ça en image de la plus belle des façons, par devant, par derrière, par en haut, par en bas ou pas quand femme et enfants ont accompagnés l'imprudent mal rasé. Le barbier devient une machine à tuer fournisseuse de matière première pour Mme Lovett et ses idées géniales de recyclage.



Pour ce qui est des acteurs, on est aussi proche de la perfection. Johnny Depp campe un Sweeney Todd que l'on a peine à excuser, Helena Bonham Carter est une Mme Lovett transit et sans scrupules qui aimerait bien que M. Todd la regarde un peu plus. Alan Rickman, abonné aux rôles de personnages patibulaires, le fait encore une fois avec beaucoup de réalisme, on a vraiment envie de le tuer mais on l'excuse un peu aussi, l'amour fait faire des bétises!!!! Et pour finir dans les remarquables et parce que malgré des interventions rares, on a tout de même envie de lui trancher la gorge rien qu'à voir son faciesse de fouïne, il faut signaler Timothy Spall, horrible Bailli Bamford. On ne le voit pas beaucoup mais qu'est-ce qu'il est répugnant comme on peut le voir sur la photo ci-après!!!

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En résumé, malgré la comédie musicale, Tim Burton n'a rien perdu de sa capacité à nous horrifier avec sa vision du monde.

Unikokissiremaihunpeu

ps: Je vais aller à rebourds dans les films, Into the Wild, La visite de la fanfare et No Country for Old men. J'ai aussi bien envie de parler de Caché de Michael Hanaeke, vu à la télé mais où le coupe-chou a aussi son importance!!!
Jeudi 6 décembre 2007
Ah la famille...

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Résumé:
Fin des années 80 à New York. Bobby Green est le king of the night avec El Caribe, la boite qu'il gère pour M. Bouchayev, honnête marchand de fourrures Burt et Joseph Grusinsky, pére et fils, sont aussi flics. Et ils sont accessoirement le père et le frère de Bobby qui a soignesement caché cette filiation à son entourage. Burt et Joe tombe un jour sur Bobby. Sa boite est l'objet de toutes leurs attentions dans leur lutte contre le traffic de drogue. Mais Bobby ne veut rien entrendre, il leur refuse leur collaboration. Tout le monde s'en souviendra!!!


Réalisateur: James Gray
Acteur: Robert Duval, Joaquim Phoenix, Mark Walberg, Eva Mendes...
Année: 2007 (sortie française le 28/11/2007)
Pays: Etats-Unis



James Gray et la Famille!!!

Ce n'est pas la première fois qu'il nous fait le coup, le petit James. Déjà dans Little Odessa, on parlait de filiation et de russie. Et surtout, dans The Yards, il était directement question de ce qu'il convient de faire lorsque l'on sait quelque chose de pas très jolie sur sa famille. De coeur ou de sang, le problème est toujours là!!! Içi, on est du coté des gentils avec les 2 mêmes têtes d'affiche.
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Le problème qui se pose pour Bobby est cornélien. Trahir sa famille de coeur pour respecter les volontés et la probité de sa famille de sang. Son mode de vie est à l'opposé de celui de son père et de son frère. Il est le monton noir. Il a honte d'eux, ils ont honte de lui. Il les a rejeté depuis bien longtemps et ne consent qu'à grand peine à les voir et à les présenter à sa petite amie. Burt, le papa, ne comprend pas comment son fils a pu lui échapper de la sorte. Quand à son frère, on sent qu'il lorgne sur la vie et la liberté d'esprit de son frère mais il a choisie la voie de la raison.

James Gray, aussi scénariste, explore donc les rouages de la famille, les obligations, les reniements, les renoncements, les origines et les motivations de chacun. La caque sent-elle toujours le hareng? Grande question à laquelle il va répondre non sans que ses personnages, comme dominés par des forces qui les dépassent, ne subissent les affres du milieu dans lequel ils évoluent. La force de ce film, c'est d'amener ses personnages dans leurs derniers retranchements. Rien ne se passe jamais comme prévu. Tout pourrait être si simple mais il y a toujours un grain de sable qui vient enrayer la machine trop bien huilée. Ca commence avec ce coup de feu près de la voiture, véritable coup de théatre à 20mn du début. Totalement inattendu. Là, je me suis dit que ce film partait dans une direction qui me plaisait. Il faut avoir du cran pour supprimer l'un de ses personnages principaux (vous notez que, contrairement à Rano, je ne dis rien qui pourrait vous donner trop d'indications!!! Alors, Rano, si tu l'as vu, tu te tais!!! Sinon je t'envoie par mail la fin de tous les films que je vais voir!!!!). Puis on enchaine. Chaque coup de théatre n'est pas une invention sortie de chapeau. Tout est plausible, réaliste, absolument pas tiré par les cheveux. La vraie vie (d'un flic new-yorkais).
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Et au milieu de tout ce bazard, les 4 rôles principaux sont magnifiés par les acteurs. Chacun dans son domaine, ils tirent tous leurs épingles du jeu pour faire de ce film une grande réussite. Ajoutez par dessus tout ça la caméra au coeur de l'action, à hauteur d'homme et vous êtes dedans. De ce coté là, magnifique scène de fusillade où l'on ne voit rien. Même chose pour la poursuite en voiture sous la pluie. Mais c'est tellement réaliste que l'on se croirait à la place de Joaquim Phoenix. Et surtout, James Gray se garde bien de faire des plans depuis les autres voitures. Il colle aux basques de Bobby. Tout juste se contente-t-il de faire des plans extérieurs mais ce n'est que pour le montage!!!

En résumé, il faut y aller.

Unikokavraimenhaimai
Mardi 4 décembre 2007
Road-movie avec un port d'attache...

myblueberrynights-1.jpg Résumé:
Elizabeth vient de larguer son mec qui prenait des côtes de porc avec une autre. Elle se console en tout bien tout honneur avec jérémy, le gentil patron du resto aux côtes de porc. Puis elle part. Elle se retrouve serveuse dans un bar à Menphis. Elle y croise un flic qui ne peut pas oublier son ex-femme. Puis elle part en Arizona. Là, elle y croise une joueuse qui fait tout pour ne pas parler à son père. Puis...

Réalisateur: Wong Kar-Wai
Acteurs: Norah Jones, Jude Law, David Strathairn, Natalie Portman,  Rachel Weisz...
Année: 2007 (sortie en France le 28/11)
Pays: Etats-Unis

Spectatrice de la vie des autres...

Rien à dire, Wong Kar-Wai sait y faire au niveau des images. Il l'avait démontré dans In the mood for love, j'ai beaucoup entendu parler de la photo de 2046. Sur ce nouvel opus, il confirme. Des mouvements de caméra étudiés au centimètre, des positions toujours étranges particulièrement dans les scènes du début, des couleurs et des lumières qui donnent une ambiance très particuliere. C'est beau, y a rien à dire!!!

Mais, sans vouloir l'accabler, Norah Jones ne donne pas beaucoup de volume à son personnage. C'est aussi le rôle qui veut ça et c'est dommage. Tout ce qui l'entoure est étrange, les personnages sont dignes d'intéret. Jérémy qui se fait des compiles des meilleurs moments de sa caméra de surveillance, Arnie qui collectionne les jetons de casino pour une très mauvaise raison, Sue Lynn qui veut oublier Arnie, Leslie qui joue au poker pour oublier que son père se meurt. Et Elizabeth passe au milieu de cette belle galerie de personnages sans se méler à l'histoire. Elle fait ce qu'on lui dit de faire, elle n'est là qu'en spectatrice. Et que ce serait-il passé si l'appartement de son ex n'avait pas été à louer?

Pourquoi un personnage central si lisse alors que tous les autres ne sont qu'aspérités, écorchures et drames? Les différentes histoires sont touchantes, très bien amenées, menées et conclues. Mais Elizabeth est tellement transparente qu'en sortant du film, on n'a absolument pas l'impression que c'est elle, le personnage central. A un moment, j'ai même cru que nous allions sauter de situations en situations, de Jérémy-Elizabeth à Arnie-Sue Lynn avec comme fils conducteur, Elizabeth qui part de New-York. Puis, à la fin de l'histoire de Arnie-Sue Lynn, cette dernière part. Tiens, pourquoi ne pas la suivre elle pour aller voir ce qui se passe ailleur? Mais non, on reste sur Elizabeth, qui part aussi soit, mais qui n'est pas réellement digne d'intéret.

Bon, je vais arréter là pour le scénario et le personnage principal. Vous l'aurez compris, je suis un peu déçu. D'autant plus que tout ce qu'il y a autour, les images, les personnages, les histoires, les sentiments est d'une très grande justesse. David Strathairn est très bon voire plus que ça, Rachel Weisz (déjà vue dans The fountain) fait aussi une intrerprétation digne d'Isabella Rosselini dans Wild at Heart de Lynch (Sailor et Lula) même si elle n'est pas aussi hystérique, elle est juste triste et en colère mais elle le fait très bien.

En résumé, virez Elisabeth et vous avez un très bon film, là il est juste moyen plus.

Unikokivafairlaigardefouhairendrelabaidaihamari

ps: Bon, le titre ordurier n'a pas encore fait réellement son effet, aucun cavalier solitaire en mal de pornos n'a échoué ici hier. Mais j'ai tout de même atteint le 65 au blog rank de nouveau par je ne sais quel miracle!!!!
Mercredi 28 novembre 2007
Woodfred Alcock...

revecassandre-1.jpg Résumé:
Ian et Terry sont 2 frères sans le sou. Pourtant, ils s'offrent un petit voilier, le rève de Cassandre, qu'ils retapent. Ian rève d'investissement dans des hotels en Californie mais ne fait que gérer tant bien que mal le restaurant de son père. Il en profite aussi pour s'amouracher d'une actrice et est pret à tout pour l'impressionner. De son coté, Ian essaie de construire un foyer mais ce n'est pas facile quand on joue au poker, aux courses, à un peu tout et surtout que l'on perd!!! Mais le messie apparait en la personne d'oncle Howard, l'oncle qui a réussi. Ils vont tous les deux aller lui taper un peu de fric seulement ce ne sera pas sans condition!!!

Réalisateur: Woody Allen
Acteurs: Ewan McGregor, Colin Farrell, Tom Wilkinson...
Année: 2007 (sortie le 31 octobre, je recolle, je recolle!!!)
Pays: Etats-Unis

Depuis 3 films, Woody Allen ne fait plus vraiment rire mais il fait peur.

Le scénario n'est pas épais. Dans mon résumé, j'ai même brodé. Mais Woody prend son temps, nous présente les personnages, nous les fait aimer ou détester. Le sujet du film est bien plus le cheminement moral de chacun des deux frères. Ils révent d'une vie meilleure mais on sait très vite que Terry aura du mal à y arriver à cause de l'alcool et du jeu. On se doute aussi que Ian n'est pas taillé pour ça. Son histoire d'hotels, ça semble aussi solide qu'un chateau de carte. Ses rêves de grandeur vont surement l'emporter par le fond avec son bateau. Mais on rêve avec eux. Et Oncle Howard, ah Oncle Howard. Tout le talent d'Allen est de nous parler de lui durant de longues minutes et de nous le présenter que pendant 3 scènes qui font tout le film. Il est le messie, l'oncle d'Amérique qui a réussi, lui, comme se plait tant à la rabacher sa soeur, la mère de Ian et Terry, à son mari, leur père donc. Il est celui qui fait vivre la famille, celui qui donne de l'argent, qui fait des gros cadeaux, le frère prodigue. Et devant cette profusion de louanges, devant la mine déconfite de papa qui n'a que son pauvre petit restaurant vivotant, on se doute bien qu'il y a baleine sous gravillon!!! Mais non, tonton vient faire une petite visite, il est sympa, gentil, il s'inquiète de tout le monde. Et le loup finit pas sortir du bois.

Tout se joue donc sur ce cas de conscience. Le faire, ne pas le faire. Et s'ils ne le font pas, pourront-ils continuer à vivre et se sortir de leurs problèmes? Pourront-ils continuer à regarder Tonton Howard dans les yeux? Et s'ils le font, pourront-ils vivre avec? Et aprés, jusqu'où peuvent-ils aller?
Les situations sont très proches de Match Point mais Woody s'attarde ici beaucoup plus sur le milieu social des 2 frères comme pour plus justifier leurs désirs de s'en sortir (ce n'est pas la misère non plus). Ils leur cherchent beaucoup plus d'excuses. Cela rend l'ensemble un peu plus larmoyant et surtout beaucoup moins immoral mais attention, il ne fait tout de même pas du Ken Loach!!!

Coté acteurs, Colin Farrell est irréprochable, parfait voire excellent. Je suis un peu plus mitigé sur Ewan McGregor qui est largement supplanté, dans son rôle d'arriviste, par la froideur de Jonathan Rhys-Meyers dans Match Point. Il est vrai que son rôle est aussi plus nuancé que celui du professeur de tennis mais, sans réussir à mettre le doigt précisément sur la raison, McGregor sonne parfois faux (je sais, c'est un peu court mais parfois, il faut savoir s'en contenter).

En résumé, impression un peu mitigé. Match Point avait placé la barre très haute dans le même registre et là, Allen est un peu en dessous. Mais ça vaut tout de même cent fois La Faille.

Unikokivahalaiho6nichaveksachairisseuhouikend
Mardi 27 novembre 2007

Aye, j'ai mal...

promessesdelombre-1.jpgRésumé:
Anna est sage-femme à Londres. Un soir, elle accueille une toute jeune fille qui meurt en couche. Le bébé survit. Elle va tenter de retrouver sa famille grace à un petit carnet qu'elle a trouvé dans son sac à main malheureusement tout y est écrit en russe. Elle va d'abord le confier à son oncle (immigrant russe) et aller voir dans un restaurant dont elle a trouvé la carte dans le dit-carnet. Là, elle tombe sur une faune aux apparences respectables mais qui respire tout de même la violence, l'illégalité et le meurtre.

Réalisateur: David Cronenberg
Acteurs: Naomi Watts, Vigo Mortensen, Vincent Cassel, Armin Muller-Stahl...
Année: 2007 (sortie en France le 7/11/07)
Pays: USA

Ah ça, il n'y va pas avec le dos de la cuillere à Borsch!!!

Cronenberg est un grand psychopathe, c'est bien connu. Toujours à jouer avec ses démons comme David Lynch, il est surement aussi fou que lui mais dans un genre plus violent.

Ici, la première scène donne le ton. Un gentil garçon un peu simplet fait une deuxième bouche à un autre au lieu de lui faire un brushing. Sans que ce ne soit une profusion de scènes violentes, on n'en prend tout de même beaucoup dans les yeux mais cette violence n'est jamais gratuite.

On rentre ici dans la monde, la mafia russe, où la vie d'un homme (et surtout d'une jeune fille) n'a pas beaucoup de valeur. Et, confronté à tout cela, Anna, dont le travail est de donner la vie, n'est vraiment pas dans son milieu naturel. Elle va tout de même s'accrocher à ses résolutions malgré la pression contraire de sa famille, les menaces à peine voilées du patriarche et la violence de son fils et de son homme de main. Mais ce qui frappe avant tout, comme dans tout film de mafia réussit (où dans les Sopranos), c'est ce contraste permanent entre la respectabilité affichée, le restaurant, les repas de famille et cette violence rentrée qui n'y fait que très rarement intrusion. Quand les enfants sont là, rien de transparait. Quand tout le monde est parti, on parle aisément de supprimer quelques vils personnages de la face du monde ou de se débarasser de la petite sage-femme qui commence à les leur briser menu!!!
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Cronenberg, comme à son habitude, joue avec les faux-semblants (comprendra qui peut). Loin d'être linéaires, les personnages vont pratiquement tous révéler leurs vrais visages avec en tête Vigo Mortensen personnage glacial et sec tant moralement que physiquement. Sa froideur irradie à l'écran et rares sont les personnages à ne pas en être gagner en sa présence (phrase totalement alambiquée). Vincent Cassel est lui dans un registre proche de la folie qui ne m'a pas énormément convaincu car déjà beaucoup mieux incarné par Al Pacino (Scarface) ou Nicolas Cage (Kiss of death) . Pour ce qui est de Naomi Watts, c'est un ange et Armin Muller-Stahl, malgré un physique de grand-père gateau, se retrouve encore dans un personnage aux multiples facettes dont une très inquiétante comme dans Music Box.

Même si Cronenberg ne relache jamais la pression, j'avoue que je suis sorti de là un peu frustré, j'en aurai voulu plus. Sans dire que la fin est baclée, certaines révélations donnent envie de savoir ce qu'il va se passer aprés mais il a choisi de se focaliser uniquement sur cette interaction d'Anna avec le milieu, le reste n'est qu'une banale histoire de gangsters!!!!

En résumé, c'est bien maisj'en veux plus!!!!

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ps: Je me rend compte qu'à une époque, j'étais super à la pointe, je sortais les critiques de films en début de vie. Maintenant, je sors celles de films en fin de vie. Il faut que je me recale!!!!

Vendredi 23 novembre 2007
Illumination et désillusion...

secretsunshine-1.jpg Résumé:
Shin-Ae vient de perdre son mari. En mémoire de lui, elle décide de réaliser son rève, retourner dans sa ville natale, Miryang avec leur fils, Jun. Elle prend ses marques dans cette petite ville tranquille, elle commence à se faire des amis, un prétendant lui coure aprés. Jusqu'à ce qu'un nouveau drame la frappe et là, c'est la descente aux enfers.

Réalisateur: Lee Chang-Dong
Acteurs: Jeon Do-Yeon, song Kong-Ho, Cho Young-Jin....
Année: 2006 (sortie en France, 17/10:2007)
Pays: Corée du sud

La douleur dans la pudeur...

Attention, si votre chat est mort ce matin, évitez ce film, c'est du lourd. Sans voyeurisme, sans pathos, avec même une certaine froideur, Lee Chang-Dong nous raconte une histoire horrible, celle de 2 pertes insupportables mais, plus que sur ces pertes, c'est sur le chagrin et la douleur que l'on s'attarde ainsi que sur les moyens pour remonter la pente.

La religion protestante (mais aussi la catholique) fait de plus en plus d'adepte en Corée du sud depuis une vingtaine d'année. Traditionnellement chamanistes ou boudhistes, les coréens l'ont découvert comme on découvre le 501, les Nike ou les chemises Burberry. C'est pour eux, outre une religion, un symbole occidental.

Dans son malheur, Shin-Ae va se tourner vers la religion incitée par sa pharmacienne de voisine qui a décrétée dès le début qu'elle était malheureuse. Elle y trouve un certain réconfort mais on sent toujours planer au dessus d'elle cette tristesse qu'elle enfouie au plus profond d'elle-même.  Elle semble réellement trouver du soutien dans les prières, les chants prosélytes devant la gare, les réunions Tupperwares avec les bigotes, les messes du dimanche matin. Elle se jette tellement éperdument dans tout ce mensonge qu'elle cherche à appliquer les préceptes les plus pointus sur lesquels même l'abbé Pierre, Pie XII ou Hitler se sont cassés les dents, aime tes ennemis. Elle va s'y essayer, malheureusement, le boulot a déjà été fait!!!!

Donc, en dehors de cette douleur insoutenable qui nous est décrite avec beaucoup de froideur (lumière naturelle, caméra posée, pas de gros plans aux moments les plus poignants), c'est bien d'illumination que l'on nous parle. La religion, en tant que soutien, peut faire son travail mais peut aussi ne pas résister à la révolte individuel, au sentiment si puissant de l'injustice. Je ne peux pas exposer ici tout ce qui est démontré dans le film sans déflorer certains éléments de l'histoire donc autant que je m'arrete là!!!

Coté acteurs, tout tourne autour de Jeon Do-Yeon et c'est incontestablement un excellent choix. Elle incarne un personnage complexe et totalement imprévisible. Sans prendre systématiquement le contre-pied de ce que "devrait" faire son personnage, elle lui donne une profondeur qui va bien au delà de la simple femme éplorée. Elle a eu le prix d'interprétation à Cannes pour ce rôle et on voit pourquoi.

En résumé, un film dur mais beau.

Unikokivahalaiho6nochesseuhouikend
Jeudi 22 novembre 2007
Eloge de la lenteur et des  menteurs...

Jessejames-1.jpg Résumé:
Jesse James est bandit de grand chemin. Robert Ford est un pauvre gars qui marche sur ses traces. Fasciné par le personnage, il va devenir son bras droit, son plus grand fan, son ombre. Jesse James le sait, le sens, s'en accomode, en use et abuse un peu.

Réalisateur: Andrew Dominik
Acteurs: Brad Pitt, Casey Affleck, Paul Schneider, Sam Rockwell...
Année: 2007
Pays: Etats-Unis


Jésus et Judas, Johnny Rotten et Malcom Mac Laren, Rodin et Camille Claudel, Dali et Amanda Lear. Un maitre, un bourreau, un disciple, un traitre, une victime.

Je vais commencer par les acteurs. Brad Pitt et Casey Affleck. L'ange de la mort, le mythe vivant. Rarement il n'aura été aussi charismatique à part peut-être dans les Ocean de Soderbergh mais avec Georges à coté, on le voit moins. Toujours est-il qu'il irradit pendant tout le film et ça tombe bien, le rôle veut ça. La caméra l'aide aussi beaucoup. Casey Affleck est son anti-thèse. Discret, laid, timide, quelconque, le regard fuyant, lui irradie la petitesse et la lacheté avec son petit sourire qui donne systématiquement envie de fuir à grand pas.

Et ce n'est pas l'histoire d'un mythe mais bien celle de son assassin et de son forfait.
Tout comme Jésus aurait demandé à Judas de le dénoncer, on a l'impression, tout au long du film, que Jesse James traine sa rédemption dans ce personnage trouble, néfaste et détestable mais il le fait en toute connaissance de cause. Tout tourne autour de la fin d'un mythe, des miettes de célébrités qui peuvent rejaillir sur son entourage, de celui qui est tout et qui ne s'en rend pas compte et de l'autre qui n'a rien mais qui rève de tout. Preuve que l'assassin est plus important que la victime. Le film ne se termine pas sur la mort de Jesse mais bien sur celle de Robert (pas de révélations ici, on sait aussi qu'il ne va pas l'emporter au paradis).
Jessejames-2.jpg
Et, comme l'auréole autour de la couronne d'épines de Jésus, Jesse est entouré d'un halo. Le chef-opérateur multiplie les effets de flous, les arrières-plans vaporeux, les couleurs cépias de vieilles photos jaunies par le temps. Jesse est une icône et l'image le prend comme tel. Jesse se dresse seul face à ce train dans la nuit. Il est le seul à avoir la lumière à la main, tous les autres se sont éteints.

Mais tout ceci prend un peu trop de temps. Andrew Dominik joue avec la lenteur, avec la fascination qu'exerce Pitt/James mais quand on connait la fin, on aimerait parfois qu'il abrège un peu. Heurement que l'image est magnifique sinon on pourrait bien s'assoupir.

En résumé, 20mn en moins et ce film est un chef-d'oeuvre, là, il est juste exceptionnel.

Unikokasecretsunshinapondre

ps: A noter aussi une composition impressionnante de Sam Rockwell qui avait déjà fait beaucoup parler de lui pour Confession d'un homme dangereux du Georges mentionné plus haut.
Lundi 12 novembre 2007
Vie d'un oppotuniste

Résumé:
Redmond Barry est sans le sou mais il est amoureux de sa cousine Nora. Or le capitaine John Quin est un bien meilleur parti!!! Redmond va donc le provoquer en duel, le battre mais devoir s'éclipser parce que ce n'est pas bon de tuer un membre de l'armée de sn altesse. S'en suivent une série d'aventures qui vont faconner et révéler le caractére opportuniste, mesquin et violent de notre cher Barry qui ne va pas tarder à devenir Sir Barry Lindon.

Réalisateur: Stanley Kubrick
Acteurs: Ryan O'neal, Marisa Berensson, Patrick Magee...
Année: 1975
Pays: Royaume-Unis

Fresque cynique et décalé, Barry Lindon est l'un des chefs-d'oeuvre de Stanley Kubrick. Il n'a pas fait beaucoup de films mais pratiquement aucun n'est passé inaperçu!!!

Je ne vais pas enfoncer des portes ouvertes ici. Ce n'est certainement plus le moment de vanter l'oeuvre de SK et ce film en particulier. Ils ont tous les 2 fait leurs preuves. Je ne suis pas non plus un expert en cinéma tant au plan technique qu'au plan language lui-même. Mais il y a tout de même certaines choses que j'aimerais dire sur ce film surtout au niveau des images.

Kubrick nous donne avec ce film une suite de tableaux. C'est autant de la peinture que du cinéma. Il a retrouvé ici l'oeil du photographe qu'il était à ses débuts (enfin il ne l'a jamais perdu, c'est juste qu'ici, c'est flagrant!!!). On ne s'en rend pas compte tout de suite mais, autant au niveau des dialogues que de l'image on est dans l'économie.

Pour l'image, c'est réellement frappant de voir cette suite de scènes quasiment immobiles qui s'enchainent. Kubrick passe son temps à décrire une scène vivante, avec un ou plusieurs protagonistes au centre de l'action, puis à rendre tout l'entourage, l'arrière-plan totalement immobile.
C'est vrai pour les 2 duels, c'est aussi vrai pour cette scène magnifique lorsque Barry Lyndon vient saluer je ne sais quel conte dans le restaurant. Grande profondeur de champ. Le conte est au premier plan, Barry Lyndon est à l'arrière, seul à une table. Caméra fixe, il s'avance pour le saluer. Scéne qui se déroule. Mais en parallèle, en arrière plan, on voit un serveur tout au fond de la salle qui sert de vin à 2 autres convives. Tout le temps où Barry et le conte discute, les serveurs et les convives restent parfaitement immobiles. C'est un tableau!!!!

L'autre prouesse est narrative.
Avec l'introduction du narrateur (voix nonchalante de Jean-Claude Brialy, choix plus que judicieux!!!), on est là dans les hautes sphères du récit. Loin de conter bêtement une histoire, il n'a de cesse de faire des commentaires cyniques. Il n'est d'aucune neutralité, bien au contraire.  Il n'intervient que très peu, il fait une petite introduction au début de chaque chapitre comme une mise en bouche des déboires et des aventures de Barry Lyndon. On attend donc avec impatience tous ses petits malheurs en s'en délectant (ce n'est pas charitable) car on ne souhaite qu'une chose, qu'il se croute ce pauvre Barry Lyndon!!!

Et enfin, la dernière est psychologique.
Barry est un benet, un gentil, il aime sa cousine, c'est tout. Bon, le Capitaine Quin a une sale tronche donc il est détestable. Or Barry Lyndon, lui, est plutôt bel homme, bien fait, sympathique. Et pourtant, tout de suite, on le prend en grippe. Il est courageux mais bête. Il est fidéle à son mentor mais il évite la bataille en le sauvant. Il tente de déserter mais il se fait reprendre comme un bleu. Il tente de devenir espion mais il devient agent double. En gros, sans s'en rendre compte, sans être acteur de sa propre vie, Barry Lyndon se laisse porter par les événements et, sans être un méchant homme, il énerve sans raison. Kubrick nous le rend vraiment anti-pathique grace à sa façon de le filmer et surtout au jeu de Ryan O'neal qui, s'il n'a fait que ça de bien dans sa carrière, l'a fait de façon magistrale!!!


En résumé, Kubrick, c'est du bon. Barry Lyndon, c'est du trés bon Kubrick!!!

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