Cinoche

Lundi 15 septembre 2008
J'ai 12 mn pour vous dire...

Résumé:
Guerre de Bosnie. D'un coté les Serbes, de l'autre les Bosniaques. La relève se perd dans le brouillard et finit juste entre les 2 lignes de front. Au petit matin, carnage, un seul survivant qui se refugie dans tranchée au milieu du No man's land. Les absurdités de la guerre vont faire le reste.

Réalisation: Danis Tanovic
Acteurs: Branko Djuric, Rene, Bitorajac...
Pays: France, Italie, Belge, UK
Année: 2001

La preuve par 3 que l'individu est bien peu de choses.

Qui a comencé la guerre?
c'est celui qui a le fusil qui décide. L'autre ne fait qu'obtempérer.

Un conflit si proche géographiquement mais dont les tenants et les aboutissants nous ont pratiquement totalement échappés. Mais les protagonistes, eux, sont dedans. Ils ne peuvent pas s'élever au dessus de tout ça.

Ce film démontre donc que l'on ne peut pas échapper à sa condition de soldat se battant pour sa cause. Celle de l'autre ne vaut rien, c'est toujours l'autre qui a commencé, qui a commis les pires horreurs. C'est toujours de la faute de l'autre. Et il va le payer cher. Tout le monde va le payer cher.

Mais il taille  aussi un costard aux casques bleus. Les hommes de terrain qui voudraient vraiment aidé. La chaine de commandement, interminable et minable, qui frêne des 4 fers dès qu'il s'agit de s'impliquer.

Il taille un autre costard à la presse. Toujours en recherche de sensationnalisme. Ces réalisateurs, bien planqués dans leur régie, quelquepart loin du front, qui demande des plans encore plus glauques, des interviews encore plus misérabilistes. Du lourd quoi!!!

En résumé, 2e fois que je le vois, toujours aussi bien.

Unikokadaipassaide4minute

ps: Il bouge encore!!!!
ps2: Tu viens jouer avec moi? http://stupalaccissimo.labrute.fr
Par Nico
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Mardi 20 mai 2008
Touche pas à mon monument...

Résumé:
Los Angeles, 2019. Deckard est blade runner. Il est chargé de retirer de la circulation les répliquants et notamment la série Nexus-6, robots totalement humanoïdes à qui sont assignés les taches ingrates de colonisation du système solaire mais qui se sont rebellés contre leurs créateurs. Il ne se pose pas trop de questions alors que les Nexus-6 eux s'en posent beaucoup. Est-il juste de dégommer tous ceux qui se mettent sur leur passage vers une vie plus longue? Ah non, celle-là, ils ne se la posent pas. Par contre, des questions sur la valeur de leurs vies, ils s'en posent.

Réalisation: Ridley Scott
Acteurs: Harrisson Ford, Rutger Hauer, Sean Young, Daryl Hannah...
Pays: USA
Année: 1982

Pose-toi les questions!!!!

N-ieme version du film, il semblerait que ce soit vraiment ce que voulait Ridley Scott. La version qui était sortie dans les années 90 était déjà, soi-disant, une director's cut mais apparement, pas tant que ça ou pas jusqu'au bout. Mais il est certain qu'elle était assez différente de la version originale de part sa fin beaucoup plus ouverte et sujette à interprétation.
Sans me souvenir précisément de tous les plans de cette fausse director's cut, cette version en est tout de même très proche. La fin est là même mais je pense que le réalsateur, sans modifier aucunement la trame, a rajouté beaucoup de plans de coupe ainsi qu'une scène dans le bar où il va chercher la répliquant modèle danseuse (je crois). Tout cela rajoute à l'atmosphère si moite et cloque de cette mégapole tentaculaire. Cela rajoute peut-être aussi quelques petites longueurs qui sont largement compensées par la beauté des images qui n'ont pas pris une seule ride (ça en est presque déconcertant pour une film qui va sur ses 26 ans!!!) et pour une histoire qui vous prend aux tripes.

L'histoire justement.
Le droit à la vie de copies d'humains tellement proches des modèles originaux qu'ils en ont développés des sentiments. Cette course effreinée et meurtrière n'est contre-carrée que par un seul personnage, Deckard.
J'ai pris pleinement conscience que ce personnage est pathétique. Loin d'être un héros, il est sensé être le meilleur des blades runners. C'est surement le cas uniquement parce que c'est le seul en vie. Il est loin d'être impressionnant bien au contraire. Il passe son temps à se prendre des roustes et il ne survit que grace à une chance certaine. Mais avant tout, il évite de se poser des questions. Il est là, au milieu d'une bataille que se livre d'un coté un scientifique qui veut créer la réplique parfaite de l'humain et de l'autre ces répliques qui ne veulent qu'une chose, éloigner le moment de leurs morts programmées. Est-il l'un des leur? Son comportement pourrait presque le laisser croire. Même s'il ne semble pas être très emballé par sa tache, il s'en acquitte consciencieusement et avec professionnalisme sans se laisser dépasser par ses émotions.

Et le fils prodigue dans tout ça?
Jesus n'a pas tué son père mais bon, quelque part, il aurait pu lui en vouloir de faire de lui un martyre. C'est ce qui se passe dans Blade Runner. Tyrrell joue au démiurge mais il perd. Roy vient réclamer à son créateur une petite rallonge, quelques années de vie en plus. Rien à faire. Il emploie lui-même le terme de fils prodigue, son chef-d'oeuvre, plus impressionnant que Rachel car il est conscient de sa condition ainsi que de la brièveté de sa vie. Tyrrell est fier de son oeuvre et il est content de le voir arriver jusqu'à lui. Mais c'est justement grace à cette finitude et surtout à la conscience qu'il en a que Roy est devenu ce qu'il est, une machine avec des émotions, une réplique presque parfaite qui va s'éteindre.
Jesus donc. Alors que justement, il est en train de s'éteindre, Roy ne trouve rien de mieux que de se planter un clou dans la main. Tiens, déjà vu ça quelquepart!!!
Ensuite, il caresse une gentille tourterelle . Et, au moment où il s'éteint, elle prend son envol, comme une ame retournant auprès de son créateur.

En résumé, je ne m'étend pas plus sur la dimension exceptionnelle de ce film. Cette version définitive est à voir et surtout pas sur un écran de télévision.

Unikokidailivrehocontegoute

Par Nico
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Vendredi 16 mai 2008
Oui mais pas tant que ça...

Résumé:
4 chapitres, des gangters ratés, en devenir, vieux, mourants, loosers, des chanteurs fatigués, vieux coqs qui s'inventent une basse-cours démesurée. Point commun, ce resto d'air d'autoroute piteux et vide. Ils en sont presque la seule population.

Réalisation: Samuel Benchetrit
Acteurs: Anna Mouglalis, Edouard Baer, Bouli Lanners, Serge Larivière, Jean Rochefort...
Pays: France
Année: 2008, sortie le 26 mars 2008

Des gangters seuls. Des chanteurs seuls. Ils ne sont pas pas totalement seuls, ils se retrouvent entre gangsters ou entre chanteurs ou ils font copain-copain avec leur otage mais tout de même, ils sont seuls, ils s'emmerdent, disons-le franchement, ils s'emmerdent!!!

Chapitre 1, un gangster sans flingue voudrait bien faire main basse sur la caisse de ce restau-route mitieux. Seulement voilà, le moment propice ne se présente pas, personne ne fait attention à lui.
Chapitre 2, deux kidnappeurs maladroits tombent sur l'otage qu'li ne faut pas, elle est suicidaire. Donc il va falloir qu'ils veillent sur elle comme le lait sur le feu. Et malgré le peu d'expérience qu'ils ont de la chose, ils s'en sortent finalement pas trop mal.
Chapitre 3, réglement de compte à OK Coral. Alain Bashung et Arno, en tournée, se croisent dans un restau-route miteux. Vieille rancune, Bashung aurait honteusement volé une chanson à Arno. Ah bon, laquelle????
Chapitre 4, ce n'est pas à des vieux singes. 5 très vieux gangsters même pas sur le retour. Un est à l'hopital, sur un lit, il attend la mort. Seulement voilà, 30 ans auparavant, il avait dit un truc à ses potes. Les gars, si un jour... Je veux mourrir là. Ils sont venus appliquer la consigne.

C'est peut-être un film à montrer dans les écoles. Regardez les enfants, ce que c'est d'être un mauvais gangster. Ce sont des ratés, jeunes ou vieux, ce sont des ratés. Regardez les enfants, ce que c'est que d'être un vieux chanteurs. Ah ça non, ce n'est pas beau de vieillir!!!!

Samuel Benchetrit et ses images en noir et blanc nous donne tout sauf envie de devenir un gangster. En tout cas, pas un de ceux-là. La lumière blafarde donne l'impression qu'il fait toujours nuit. D'ailleurs, il fait souvent nuit. Une impression de tristesse et de mélancolie se dégage tout au long du film et chaque acteur est là pour la renforcer. Edouard Baer est sa tete de chien battu, Anna Mouglalis est ses grands yeux tristes, Bouli Lanners et Serge Larivière tentant veinement de s'en sortir en kidnappeurs plus qu'amateur et enfin les 7 vieux (les 2 chanteurs et les 5 gangsters) qui transpirent gloire et force passées.


Donc, anti-héros attachants, dialogues qui refletent la simplicité des situations, images léchées, moments de vie croustillants. Seulement voilà, il y a quelque chose qui ne prend pas. Samuel Benchetrit prend son temps, il prend trop de temps. Il revient sur le braqueur et la serveuse pour donner des clés (et un flingue). Tarantino et son Pulp fiction sont au coin de la rue mais ils y restent. Là où il met toute sa science du cinéma, Samuel Benchetrit ne met qu'une flopé d'acteurs un peu en roue libre qui ne savent parfois pas quoi se dire.

Bon, je suis un peu dur. Beaucoup de choses sont à sauver, en particulier les acteurs. Mais si leur directeur avait un peu plus maitrisé son sujet et su où il voulait les emmener, c'eut pu être très réjoissant.

En résumé, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, vous pourrez louer le DVD...

Unikokireprenhavecdukassagessaipabien

Par Nico
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Mercredi 2 avril 2008
Horrible...

Résumé:
Fin du 19e siècle. Daniel Plainview à la niac. Il prend sa pioche et il creuse le désert américain, quelque part, on ne sait où. Au début, on ne sait pas trop ce qu'il cherche mais il a la niac. Puis il finit par trouver du pétrole. Il a toujours la niac. Il ne supporte aucun obstacle, aucun concurent, aucun contre-temps. Sa vie entière est dirigée vers le seul et unique but de trouver du pétrole et de faire fortune. Et même Eli, petit précheur charismatique, ne va pas faire long feu face au buldozer Plainview.

Réalisation: Paul Thomas Anderson
Acteurs: Danile Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Frasier...
Pays: USA
Année: 2008, sortie le 27 février 2008

Pas un divertissement...

Au début, ce qui choque, c'est la sécheresse. Celle des hommes, du son (pas de paroles, pas de musique pendant les dix premières minutes), de la terre et du travail. Puis vient le liquide qui se met à couler à flot et qui va transformer Daniel ou le révéler.

Sans que l'on ne sache rien de lui, l'or noir va le transformer en une machine. Son seul geste d'humanité sera de recueillir le fils d'un de ses compagnons de forage, mort au travail. Mais est-ce réellement désintéressé???

Vous l'aurez compris, tout tourne autour de Daniel autant Plainview que Day-Lewis.

Le personnage fait preuve d'une sécheresse de sentiments qui en font un misanthrope de la pire engeance. Son fils semble être son seul lien avec l'humanité mais, quand les choses deviennent compliquées avec lui, il s'en débarasse purement et simplement. Et il va faire de même avec tous les obstacles sur sa route vers la richesse.

Le petit Eli, précheur d'une communauté religieuse possédant les terres sur lesquelles Daniel veut forer ne fait largement pas le poids face à la machine Daniel. Il est prêt à toutes les bassesses pour forer et envoyer son pipeline jusqu'à la mer. Et il va les faire.
Sans savoir d'où vient cette haine de l'humanité, cette colère, cette méchanceté, il continue encore et encore, à verser sa bile sur tout ce qu'il l'entoure pour finir par un "I am finished" d'un double sens magestueux!!!!

Daniel Day-Lewis fait là une réelle performance de comédien. A aucun moment, on a idée de le plaindre. Sa deuxième naissance se fera dans un placenta de pétrole. On ne sait rien de lui, il se garde bien de répondre à toute question personnelle mais l'on sent que les choses n'ont pas été simples. D D-L et son jeu, P-T A et sa caméra, Jonny Greenwood (guitariste de Radiohead) et sa musique et enfin Robert Elswit et sa photographie nous font passer tout ça avec peu de mots, uniquement des images magnifiques, le visage de Daniel couvert de pétrole éclairé par le gisement en feu (le diable est bien sur terre!!!) et du son (je sais, mes phrases sont alambiquées!!). Paul Dano, en précheur pas très net, n'est pas en reste. Sa figure d'angelot cache aussi beaucoup de noirceur.

J'ai parlé de Jonny Greenwood. Ses rifs de guitare, les sons répétitifs, planants et inquiétants sont à rapprocher des sonorités de Nick Caves dans L'assassinat de Jessie James par ce lache de Robert Ford de Andrew Dominik ou de celle de Neil Young dans Dead Man de Jarmush. A croire que les guitaristes sont faits pour la musique de westerns hauts de gamme!!!!

En résumé, on sort de là secoué sans se dire que l'on a passé un moment divertissant. Non, ce n'est pas en soi divertissant mais qu'est-ce que c'est bien!!!! (un peu maso peut-être!!!)

Unikokenrefaihundetenzenten

Par Nico
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Mardi 26 février 2008
Etre en cloque, c'est pas si grave!!!!

juno_1.jpg Résumé:
Juno a 16 ans, elle est au lycée et elle a méchament du retard. Elle a tellement de retard qu'elle découvre qu'elle est complètement enceinte. Une seule décision s'impose, l'avortement. Seulement voilà, le bébé, ben il a des ongles, si si des ongles!!! Alors finalement, au regard de ce paramètre importantissime, ben elle va se trainer son gros ventre contre vents et marées et essayer de refourguer son polichinelle à une gentille famille.

Réalisation: Jason Reitman
Acteurs: Ellen Page, Michael Cera, Jennifer Gardner...
Pays: USA
Année: 2007, sortie le 6 février 2008

C'est pas un drame!!!!

Voilà donc la grande réussite de ce film, ce n'est pas un drame. La jeune Juno est loin de se laisser abattre. Son père et sa belle-mère, même s'ils ne lui donnent pas leurs bénédictions, sont loin de la laisser tomber. Le père du mouflet est loin de revendiquer quoique ce soit, lui il veut continuer à manger des tictacs et à jouer de la guitare. La copine soutient comme une bonne copine se devrait de toujours soutenir.

Sans pathos, sans clichés, Jason Reitman réussit à nous compter une histoire drôle, émouvante qui tourne autour de ses personnages et surtout de ses acteurs. Les situations de départ sont toujours simples et ne sont pas montées en épingle. Chaque personnage pourrait être la caricature de lui-même. L'ado mutine et vaguement en révolte dans une famille recomposée. Le premier de la classe couvé par sa mère. Une belle-mère qui pourrait ne rien devoir à sa belle-fille. Un couple avec une femme en mal d'enfant et un mari , grand ado attardé, coincé par le perfectionnisme et le dirigisme de sa femme. Tous ces personnages, lorsqu'on les croise pour la première fois, pourraient sembler caricaturaux. Mais au fur à mesure de l'histoire, on se rend compte qu'ils ont beaucoup plus d'épaisseur. Elle leur est à la fois donnée par un scénario qui se refuse à emprunter les sentiers battus et par les acteurs qui les incarnent.

juno_2.jpg
L'autre force du film est l'absence totale de jugement. Jason Reitman avait déjà fait le coup avec Thank you for smoking, pamphlet pro-clope totalement amoral mais tellement drôle. Ici, on parle de la grossesse chez une ado. Mais personne ne vient lui taper sur les doigts, personne ne la juge, personne ne lui crie dessus. Pas de jugement de la part de ses parents, pas de jugement non plus de la part de la petite chinoise qui manifeste mollement devant le centre de planning familiale et pour finir par de jugement de la famille adoptante. La seule qui s'y risque, l'échographe, se prend un violent retour de flamme de la part de la belle mère qui est à mourir de rire. Tout nous est donc présenté comme un état de fait, une situation qu'il va falloir gérer, pas avec froideur, mais avec la sensibilité de tous les protagonistes. Et même quand ça commence à partir un peu en sucette et bien la vie continue!!!

Et pour finir, parlons des acteurs vaguement évoqués plus haut. Franchement, rien à redire, Ellen Page en Juno est rayonnante et charmante. Toute la galerie qui l'entoure est juste et trouve le temps de se faire une profondeur à commencer par son père pas si poule que ça. Très bon J.K Simmons vu dernierement en M. Jamesson, rédac chef peu scrupuleux de Peter Parker dans Spiderman qui campe ici un personnage presque aux antipodes du journaleux gueulard et de mauvaise foi. Il est doux et aimant, cynique et drôle. Sa femme, Allison Janney, est de même. Et pour les autres, Jennifer Gardner, Jason Bateman et Michael Cera, ben pareil!!

En résumé, une comédie douce et délicate qui fuit les clichés.

Unikokenlachunedetenzenten
Par Nico
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