Ciné: L'avocat de la terreur

Publié le par Nico

Avocat (de) pourri(s)

avocat-terreur.jpgRésumé:
Tout le monde connait Maître Vergès. Grand avocat des terrroristes et autres gros pourris comme Klaus Barbie. Mais qui est-il réellement? Un gauchiste convaincu, un amateur de cigare et de bonne bouffe, un pro-palestinien défenseur des nazis, l'ami des terroristes?

Documentaire de Barbet Schroeder.

Portait controversé d'un personnage controversé.

Tout le monde le connait. Connait son visage un peu rond, ses traits un peu asiatiques, ses petites lunettes, son sourire énigmatique.

Ce film, sans être une ode à sa personne, nous fait principalement découvrir son travail et ses motivations.

Ses motivations:
Fils de la colonisation, il va dès ses premiers pas en tant qu'avocat, défendre les poseuses de bombes de FLN en Algérie et en premier lieu Djamila Bouhired qui deviendra par la suite sa femme. Utilisant presque toujours le même mode de défense, à savoir la rupture, il réussit à la faire gracier alors qu'elle était condamné à mort, en organisant une vaste campagne médiatique. Par la suite, il va se spécialiser dans la défense des terroristes et autres dictateurs (palestiniens, action directe, bande à Bader, Milosevic pour les plus connus).
Mais justement, partie pris du film, on ne nous montre Vergès que sous son meilleur jour. Le seul gros pourri indéfendable que l'on nous présente, c'est Klaus Barbie. Les motivations de Vergès sont floues. Il dit qu'en défendant Barbie, il veut mettre la France face à ses responsabilités de collaboration avec l'Allemagne nazi. Un homme n'a pas à payer pour la folie et l'aveuglement de tout le peuple allemand et pour la lacheté du peuple français.
Soit.
Mais quid de tous les autres dictateurs et autres terroristes qu'il a défendu. Il semble lutter à lui seul contre l'aveuglement des peuples occidentaux sur l'état dans lequel ils ont laissé les anciennes colonies. Tout semble revenir à sa vision anti-colonialiste.

C'est donc réellement un personnage sulfureux qui nous est présenté. Il entretient des relations ambigues avec ses clients voire ses clientes (mariage avec Djamila Bouhired, il tombe amoureux (on suppose) de Magdalena Kopp, compagne de Carlos et membre de la bande à Bader).

Sa disparition:
Il disparait totalement (enfin presque) pendant 8 ans de 70 à 78. Il ne donnait semble-t-il aucune nouvelle à ses proches. De nombreuse théories circulent quant à savoir ce qu'il a bien pu faire pendant ces 8 ans, au Cambodge chez les Kmers rouges, agent de renseignement pour l'URSS ou pour les palestiniens. On ne connait pas non plus les raisons exactes de cette disparition mais il semble qu'il avait pas mal de monde aux trousses suite à ses différentes défenses de personnages peu appréciés de certains milieux.

Son mode de défense: La rupture.
Toujours dire le contraire du juge. Se placer en victime et en accusateur, profiter des ambiances de linchage populaire pour faire remarquer aux juges que c'est un procès en justice et non un tribunal populaire. Et quand l'ambiance n'y est pas, il la crée lui même en provocant le public. Il se nourrit de la médiatisation et elle fait parti intégrante de son système de défense.

Le film:
Finalement, peu d'interventions directes de Jacques Vergès. Ce sont plus les autres qui le racontent, ses compagnons de combat, ses amis, ses clients (pour les plus avouables). Il y a énormément d'images d'archive, tout cela est extrèmement bien documenté et précis. Certains témoignages sont assez poignants. Coté Vergès, sur certains plans fixes, on sent bien l'ambiguïté et aussi la vanité du personnage. C'est un manipulateur hors pair et l'on sent que l'on fait parti des manipulés mais c'est le jeu du film.

La réserve:
C'est un peu long. Barbet Schroeder s'éloigne parfois beaucoup de son sujet principal pour expliquer les contextes politiques, les actions menés par les terroristes, les liens entre les différents personnages. Tout en étant toujours très clair, après 10mn de digression, on a hate qu'il retombe sur ses pieds. Il y arrive toujours, on voit toujours le chevalier blanc Vergès déboulé sur son cheval, mais c'est parfois trop compliqué.

En résumé, un film plus qu'instructif sur un personnage énigmatique et fascinant.

Unikokapapuhatendrekaropourlevoirparsekeussaitailadernierdifuzion
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Publié dans Cinoche

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N
La demande est en cours. Merci pour le tuyau.
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B
Tes critiques ciné sont sympas ...Tu devrais contribuer à Critico-blog (je ne crois pas t'y avoir croisé).
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B
À de nombreuses reprises, Vergès pourrait passer pour un grand adolescent qui jouerait encore aux cow-boys et aux indiens ... mais qui n'aurait pas encore compris que ses compagnons de jeu ont changé et ne sont plus les militants enthousiastes de sa jeunesse. Barbet Shroeder a voulu un générique de fin édifiant. Jacques Vergès y explique sentencieusement la différence entre un avocat et un médecin, qui veut que l'avocat puisse dire non et refuser de prendre un client, pendant que défile sur l'écran son palmarès et les noms de tous les clients impossibles qu'il aura défendu : des khmers rouges à Slobodan Milosevic en passant par Omar Raddad, Action Directe et bon nombre de tyrans africains. Manifestement, Jacques Vergès n'a jamais su dire "non".
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