Ciné: Ceux qui restent

Publié le par Nico

Et d'autres partent...

ceuxquirestent.jpgRésumé:
Bertrand vient chaque jour voir sa femme à l'hopital. Elle est atteinte d'une énième récidive de cancer du sein. Lorraine vient voir son copain, on vient de lui diagnostiquer un cancer du colon. L'un supporte et à cesser de réflechir sur la maladie. L'autre se pose beaucoup de questions quand à sa capacité à supporter tout ça. Il va l'aider avec ses certitudes, elle va l'aider avec ses doutes et lui redonner goût à la vie.

Réalisatrice: Anne Le Ny
Acteurs: Emmanuelle Devos, Vincent Lindon, Anne Le Ny...

2 visions de la maladie. L'une vivante, l'autre morte.

Lorraine vit. Elle ne veut pas hypothèquer son existence pour la maladie et les souffrances de son copain. Elle cherche d'embler à prendre de la distance, à ne surtout pas devenir comme Bertrand, elle n'en a pas les épaules.
Bertrand ne vit plus. Il attend la mort. Celle de sa femme ou la sienne, on ne sait pas trop. C'est une machine, il ne réfléchit plus et fait invariablement les mêmes gestes, tous les jours. Comme si la future mort de sa femme rythmait sa vie. Seule anicroche, la fille de sa femme, qui apporte un semblant d'imprévu avec son refus total de la maladie de sa mère.
Bertrand va partager son expérience avec Lorraine. Lorraine va redonner de la vie à Bertrand. Ce sont ceux qui restent.

Sans (trop) de pathos, Anne Le Ny nous livre là un film poignant et juste. La maladie n'est qu'évoquée. A aucun moment la caméra ne rentre dans les chambres des malades, elles restent à la porte, comme quelqu'un qui ne ferait pas parti de la famille. Elle ne montre pas les traitements, les malades, les crânes chauves, les tubes, les instruments qui font BIP. Ici, on s'attache à ceux qui restent. Ce qui se passe dans les chambres ne fait pas parti de l'histoire. Seuls sont importants les sentiments, les discussions et les non-dits en dehors. Et la caméra s'attarde souvent aprés les personnages. Elle ne les suit pas systématiquement dans tout ce qu'ils font ensemble, elle traine un peu là où ils étaient, pour leur laisser le temps de digérer ces nouveaux sentiments ou une situation inédite.
Emmanuelle Devos est dans un rôle assez inhabituel de fille délurée qui ne veut pas se confronter au malheur. Elle se met à nue d'une façon déconcertante face à Vincent Lindon qui est tout en retenu, en révolte sourde, en résignation. Ils sont tous les 2 d'une justesse rare qui donne encore plus de sobriété et de poids au film.

A noter une scéne de barbecue absolument géniale avec le petit Pierre qui marche.

En résumé, c'est triste mais qu'est-ce que c'est bien.

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Publié dans Cinoche

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