Ciné: Secret sunshine

Publié le par Nico

Illumination et désillusion...

secretsunshine-1.jpg Résumé:
Shin-Ae vient de perdre son mari. En mémoire de lui, elle décide de réaliser son rève, retourner dans sa ville natale, Miryang avec leur fils, Jun. Elle prend ses marques dans cette petite ville tranquille, elle commence à se faire des amis, un prétendant lui coure aprés. Jusqu'à ce qu'un nouveau drame la frappe et là, c'est la descente aux enfers.

Réalisateur: Lee Chang-Dong
Acteurs: Jeon Do-Yeon, song Kong-Ho, Cho Young-Jin....
Année: 2006 (sortie en France, 17/10:2007)
Pays: Corée du sud

La douleur dans la pudeur...

Attention, si votre chat est mort ce matin, évitez ce film, c'est du lourd. Sans voyeurisme, sans pathos, avec même une certaine froideur, Lee Chang-Dong nous raconte une histoire horrible, celle de 2 pertes insupportables mais, plus que sur ces pertes, c'est sur le chagrin et la douleur que l'on s'attarde ainsi que sur les moyens pour remonter la pente.

La religion protestante (mais aussi la catholique) fait de plus en plus d'adepte en Corée du sud depuis une vingtaine d'année. Traditionnellement chamanistes ou boudhistes, les coréens l'ont découvert comme on découvre le 501, les Nike ou les chemises Burberry. C'est pour eux, outre une religion, un symbole occidental.

Dans son malheur, Shin-Ae va se tourner vers la religion incitée par sa pharmacienne de voisine qui a décrétée dès le début qu'elle était malheureuse. Elle y trouve un certain réconfort mais on sent toujours planer au dessus d'elle cette tristesse qu'elle enfouie au plus profond d'elle-même.  Elle semble réellement trouver du soutien dans les prières, les chants prosélytes devant la gare, les réunions Tupperwares avec les bigotes, les messes du dimanche matin. Elle se jette tellement éperdument dans tout ce mensonge qu'elle cherche à appliquer les préceptes les plus pointus sur lesquels même l'abbé Pierre, Pie XII ou Hitler se sont cassés les dents, aime tes ennemis. Elle va s'y essayer, malheureusement, le boulot a déjà été fait!!!!

Donc, en dehors de cette douleur insoutenable qui nous est décrite avec beaucoup de froideur (lumière naturelle, caméra posée, pas de gros plans aux moments les plus poignants), c'est bien d'illumination que l'on nous parle. La religion, en tant que soutien, peut faire son travail mais peut aussi ne pas résister à la révolte individuel, au sentiment si puissant de l'injustice. Je ne peux pas exposer ici tout ce qui est démontré dans le film sans déflorer certains éléments de l'histoire donc autant que je m'arrete là!!!

Coté acteurs, tout tourne autour de Jeon Do-Yeon et c'est incontestablement un excellent choix. Elle incarne un personnage complexe et totalement imprévisible. Sans prendre systématiquement le contre-pied de ce que "devrait" faire son personnage, elle lui donne une profondeur qui va bien au delà de la simple femme éplorée. Elle a eu le prix d'interprétation à Cannes pour ce rôle et on voit pourquoi.

En résumé, un film dur mais beau.

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Publié dans Cinoche

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