Ciné: The magdalene sisters
Esprits de Ken et Stephen, êtes-vous là?
Résumé:
Fin des années 50. Rose vient d'avoir un enfant hors mariage. Margaret vient de se faire violer par son cousin. Bernadette regarde les garçons d'un peu trop près depuis sa cours d'orphinat. Toutes trois vont se retrouver au sein du couvent des soeurs de Marie-Madeleine. Une laverie géante où la vie n'est pas rose tous les jours.
Cinéma social anglais comme savait le faire à une époque Stephen Frears et comme sait toujours très bien le faire Ken Loach. Peter Mullan a été à bonne école. Je ne me souviens plus dans quel film de Loach il a joué mais il y a joué. Mais son premier film était dans la même veine que ceux de Ken Loach, l'histoire d'un peintre en batiment qui, pour s'en sortir, est obligé de faire du travail au noir et de lutter contre les agents du gouvernement qui lui cherche des noises. Ce film avait un titre comme un prénom je crois. Il a aussi joué dans le film de Gary Oldman dont je ne me souviens pas du titre mais qui était très bien. Tout ceci ressemble à une pale copie de l'amnésie litteraire de Suskind!!!! Un petit tour sur IMDB et je vous donne tous les titres et tous les acteurs....
Mais revenons à nos moutons!!!
Ce couvent de bonnes soeurs aigries, méchantes, se cachant derrière les bonnes moeurs chrétiennes pour infliger les pires brimades à ces jeunes filles comparées à des putains et des Marie-couche-toi-là. On suit la vie quotidienne de ce couvent, le désespoir des nouvelles pensionnaires, la folie et la résignation des anciennes, les motivations (qui n'en sont pas) des soeurs qui infligent les pires sévices à des enfants à peine sorties de l'adolescence mais qui vont rentrer de façon très violentes dans l'age adulte.
On pense à Full Metal Jacket de Kubrik pour cette vie en dortoir où chacune est repliée sur elle même pour réussir à survivre et à garder le peu d'humanité qu'il lui reste. J'y pense (pourquoi on après tout) aussi pour ces brimades quasiment militaires envers leurs pensionnaires. Certaines entrent sans savoir ce qu'elles viennent faire ici, se révoltent et finissent brisées. D'autres au contraire, ont commis un pécher mortel (se faire violer!!!!) et finissent par se révolter. D'autres encore sortent les pieds devant ou finissent à l'hopital psychiatrique. Et restent celles qui ne font rien, qui sont brisées, qui acceptent leurs sorts sans rechigner.
Tout ceci est basé sur des histoires vraies. Ces 3 jeunes filles semblent avoir réellement exitées. Une chose est sure, ces convents ont eux, réellement existés. Le dernier a fermé en 1996. Pratique éducative d'un autre age, cruauté gratuite au nom d'une morale catholique plus que douteuse et intégriste, ils semblaient bien représenter ce qui se fait de pire en matière de religion.
Comme vous l'avez compris, l'intéret principal du film,c'est son scénario et l'évocation du quotidien des pensionnaires. L'histoire est dure, les sentiments sont forts sans jamais versé dans le pathos.
Pour ce qui est de la caméra, rien de transendant. Peter Mullan se contente la plupart du temps de la poser et de laisser la situation se développer sans plus d'artifices mais à la limite, l'histoire se suffit à elle même donc ce n'est pas moi qui vait lui reprocher c'être un peu passif de ce point de vue.
En résumé donc, un film fort sur des pratiques horribles, bien interprété et filmé avec sobriété. Merci Peter Mullan.
Unikokivaretrouvaitoulaititre