Ciné: Raisons d'état

Publié le par Nicolas Moreau

La vie des américains...

Résumé:
Edward Wilson est de la CIA. Edward Wilson est la CIA. Il était à la création. Il fait parti des murs. Il est en charge de l'organisation de l'opération de la Baie de Cochons à Cuba. Et tout foire!!!! Il y a eu une fuite mais où? Lui, son grand chef, son petit chef.

Film de Robert De Niro avec Matt Damon, Angelina Jolie, William Hurt, John Turturro...
Intitulé en VO, The Good Sheperd donc Le Bon Berger, pourquoi donc Raisons d'état titre beaucoup plus naze que Le Bon berger, non?????

Histoire du fiasco d'une vie personnelle et de la réussite d'une vie professionnelle.

Déjà, l'acteur et le personnage.
Matt Damon a un jeu d'une sobriété et d'une rigidité assez impressionnantes. Dès les premiers plans, on sent que cet homme austère et droit comme un i (jeu de corps remarquable) ne dérogera (probablement) pas à la règle. Tant par le sujet, le personnage et le jeu d'acteur, il fait penser à Wiesler (Ulrich Mühe) dans La vie des autres. Sauf que Ulrich Mühe n'a pas joué chez les frères Farelli donc ça le rend beaucoup plus crédible!!!!

Mais Edward Wilson est réellement le sujet du film. Tout tourne autour de lui. On ne voit quasiment jamais l'histoire se dérouler sans qu'il ne soit dans les parages, ce qu'il sait on le sait, ce qu'il ne sait pas, on ne le sait pas. Il est donc (presque) de tous les plans et la première séquence pose le jeu d'emblée. On le suit, de chez lui à son bureau, dans le bus, devant les batiments, dans les couloirs. Et le premier billet de $1 nous fait rentrer dans son monde.

Après, ce ne sont que flash-backs et retours au présent.
Ses études, sa première 'trahison", son "enrolement", son mariage, ses premières missions pour ce qui n'est pas encore la CIA puis les débuts de l'Agence. Tout se déroule, avec une logique implacable. Tout semble naturel. Tout semble propre et justifié par la raison d'état. Et lui se sent bien au milieu de tout ça. Enfin, se sentir bien. On a plus l'impression que d'autres ont joué avec lui, l'ont choisi, l'ont forcé, ne lui ont pas laissé le choix mais il ne bronche pas, jamais, il accepte, résigné et/ou conscient de ce qu'il fait et/ou heureux. Quand il est amené à faire (faire faire) du sale boulot, c'est toujours parce qu'il a d'abord était trahi. Tout semble se justifier. Et, sans qu'il ne nous soit sympathique, on le comprend, presque, on approuve. Mais il est toujours impossible de savoir ce qu'il ressent tellement le personnage est froid.

Les plus.
Le scénario est d'une précision suisse.
Le personnage (mais j'arrete d'en parler).
Le rythme d'une lenteur qui nous permet réellement de nous concentrer sur le personnage.
La caméra, toujours à hauteur d'homme, au plus près des protagonistes.
Les décors. De beaux effets numériques à Londres ou à Berlin, dans des villes en ruines.
L'évocation de tous ces méfaits, de toutes ces manipulations faites en sous-main dans une Amérique d'après-guerre. Personnellement, je suis client (voire fasciné) de ces évocations des manipulations de millions de personnes pour des intérets privés ou une raison d'état plus que douteuse.

Les moins
Le scénario avec cette alternance continuelle de flash-back. Mais trop de flash-back tue le flash-back. Certains sont réellement très courts et comme les maquillages ne sont pas très bien faits, on a parfois du mal (même si la date est toujours indiquée) à se replacer dans l'époque.
Les maquillages. Matt Damon et Angelina Jolie, à peine maquillés, qui se coltinent un grand fils d'une vingtaine d'années. Il aurait peut-être fallu insister un peu sur les rides au coin des yeux, sur les cheveux blancs, sur la corpulence.
Le rythme parfois vraiment lent. Personnellement, je ne me suis pas ennuyé mais De Niro aurait pu faire quelques coupes (2h35) et gagner un petit 1/4h par-ci par-là. Il enfonce souvent un peu trop le clou (en Allemagne, le retour de sa femme, ses relations avec son fils) sur des séquences qui, même si en elles-mêmes, elles ne paraissent pas longues, viennent tout de même apesantir l'histoire.

En résumé, oui, malgré les moins, j'ai aimé ce film donc je dirais qu'il faut aller le voir mais bien reposé!!!

Unikokafaissonppremiaissinochavekaro

PS: Pour approfondir aur cinéma,
Good night and Good Luck du gars Clooney (censure et maccarthisme)
Syriana de Greg Gaghan (CIA, pétrole et guerre du golf)
JFK d'Oliver Stone (CIA et Kennedy)

PS: Pour approfondir en livre
Underworld USA de James Ellroy (American Tabloïd et American Death Trip)
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Publié dans Cinoche

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