Ciné: A very british gangster

Publié le par Nicolas Moreau

C'est pas du chiqué...

Résumé:
Dominic Noonan a 37 ans dont 22 passés en prison. Et c'est pour de vrai, c'est un documentaire. Tony Soprano de Manchester, il régne sur l'un des quartiers. Sympa, accessible, rigolo, c'est une brute. On ne voit rien, on devine. Ses chiens de garde, des petits minets en costards noirs, chemises grises et cravates bariolées transpirent la violence.

Documentaire de Donal MacIntyre, 2007.


C'est assez incroyable.
Ce mec est le parrain. Il règne sans partage, il a sa petite cours, ses prétendants, ses remplaçants désignés. On a peine à croire à tout ce qu'il raconte. Il s'est évadé de prison pour braquer 2 fourgons blindés et, libéré, il règle maintenant les problèmes de voisinage, il aide les familles endettées auprès de préteurs véreux, il hurle comme un bulldog sur les gosses qui font du bruit quand il est en train de parler face caméra.

Dans le film, il échappe à X condamnations. Mais il a déjà été inculpé d'à peu prés tout ce qui est puni par la loi sauf de meurtre directement (mais d'avoir commendité, oui!!!!). On voit sa vie de tous les jours, entre son quartier, sa famille, les tribunaux, ses hommes de main, les enterrements. On a réellement de la sympathie pour ce mec qui doit être responsable de plusieurs morts mais qui, quand on connait son histoire, devient presque humain. Son histoire est d'ailleur assez horrible mais il la raconte avec le plus grand naturel. Et, sans raconter en détails les représailles, quand ce mec dit qu'il a fait trés mal à quelqu'un, c'est que ce quelqu'un a vraiment eu très très très mal!!!!

La devise de Dominic, inculquée par son père:
Look after those that look after you
Fuck off those that fuck off you

Ce n'est pas filmé façon documentaire, pas de DV mais bien de la pellicule. MacIntyre use (et abuse un peu) des travellings circulaires autour de Dominic pendant les interviews en tête à tête. Il abuse vraiment aussi des effets avec le plateau mobile (vous savez, le truc au bout d'un bras, comme une grue). Ce genre de plan est vraiment inhabituel dans un documentaire mais vu qu'il en fait trop  ce serait aussi pénible dans un film normal!!!

Mais la force du film réside vraiment dans cet effacement total entre la réalité et la fiction. Ce que raconte Dominic, ça a été vu dans nombres films à Hollywood ou dans des séries (Les Sopranos), dans des bouquins. Tout ça rappelle forcément une fiction vue ou lue. Mais là, c'est vrai. Il l'a fait, il l'a vu, il l'a fait faire.

En résumé, aucune violence dans les images si ce n'est la pauvreté du quartier mais Dominic et ses sbires vivent de et par la violence. C'est à voir mais c'est assez dur d'y croire surtout parce que l'on ne veut pas!!!

UnikokavailinpressiondevoirVicMacKay
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Publié dans Cinoche

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B
Dans ce film, Noonan est quasiment son propre metteur en scène (l'enterrement du frère est déjà entré dans les annales) et Donal McIntyre filme tout cela avec zéro recul, au sens propre comme au figuré. C'est ce parti pris délibéré qui peut choquer (on plonge sans scaphandre en pleine immoralité) mais qui fait précisément la force du film : nos préjugés, nos catégories, nos cadres, nos références, tout est balayé d'un coup de zoom et nous voilà forcés d'ouvrir grand les yeux sur une tout autre réalité.
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