Ciné: 99F
Pub géante casseuse de pub...
Résumé:
Octave est créatif. Il aurait pu être pianiste, peintre, écrivain. Mais non, il a décidé de mettre sa créativité au service de la société... de consommation.
Réalisation: Jan Kounen
Acteurs: Jean Dujardin, Jocelyn Quivrin, Patrick Mille...
Adaptation du livre de Frédéric Beigbeder
Les états d'ames pitoyables d'un pubilicitaire.
Les soixantuitards l'avaient décrété. Ils n'ont pas réussi à modifier le systéme. Ils ont donc décidé de le changer de l'intérieur. En se faisant hommes politiques, fonctionnaires dans l'administration, professeurs, instituteurs. Et ils se sont faits absorbés!!!
Beigbeder a tenté de faire l'inverse. Il s'est rebellé contre un systéme pourri qu'il a dénoncé dans son 99F, le livre. Ca lui a valu un pur et simple licenciement. Pour son bien et pour notre bien à tous? Pour son bien, c'est indéniable, il se pose surement moins de questions à faire ce qu'il fait maintenant. Pour notre bien, lui ou un autre qui abdique, à quoi bon??? Il y en aura toujours un qui prendra sa place, sniffera sa coke, baisera tout et tout le monde dans des partouzes géantes et surtout manipulera les foules largement. Comme le dit si bien son Octave, il est là pour créer de la frustration en permanence. Il est là pour s'immiscer dans notre cerveau (il pisse dans notre hémisphère droit), pour deviner nos envies avant même que nous en soyons conscient. Quand à lui, il sera toujours en avance, impossible autrement. Il fait parti d'un monde regardé, épié, adulé. Ce qu'il fait, dit ou porte sur le dos sera fait, dit et porté, 2 jours plus tard, par le Paris branché mais ils sont déjà en retard. Je vous l'ai dit Octave est le futur!!!!
Kounen et Dujardin s'emparent du propos largement aidés par l'intéressé.
Au début du film, Dujardin dérange dans le rôle. Cheveux longs, chatains, lunettes d'intello. On voit une mauvaise copie de Brice de Nice. Sauf que Brice est gentil et bête. Octave est méchant et intelligent. Passées les premiers 10mn, on se fait au cynisme, à la voix off, à la description du monde dans lequel il gravite. Il a donc le talent de faire oublier ses précédents personnages pour pleinement s'intégrer dans le monde décrit par Beigbeder.
Coté Kounen, là par contre, ça pèche. Dison qu'il ne fait pas dans la dentelle. Musique sur-vitaminée, images psychédéliques des trips cocaïnés d'Octave qui doivent faire penser à un relan de son Blueberry (conditionnel car je ne l'ai pas vu mais j'en ai beaucoup entendu parler), montage hyper-rapide (cf clip des Arctic Monkeys). Selon moi, le propos de Beigbeder était assez fort comme ça pour ne avoir pas à en rajouter avec toutes ces images qui utilisent, finalement, les mêmes ressorts que ce qu'il dénonce. Ca va vite, ça prend la tête, ça empêche de réfléchir sur ce que l'on voit. C'est du pré-maché. Octave bascule parce que Madone lui refuse une pub second degré (La ménagère bordel, la ménagère. L'humour, on s'en tape!!!!). Résultat, il pond une pub banale, pré-machée. Jan, regarde ton film!!!! Si les consommateurs sont capables de réfléchir, les spectateurs de ton film doivent aussi être capable de le faire!!!!
En résumé, Kounen enfonce trop le clou mais le propos est séduisant alors autant y aller.
Unikokisseudikeukounendevrairegardailaifilmdetrufohakermanhaibergman