BD: Le Photographe

Publié le par Nicolas Moreau

Le mélange des genres.


L'histoire:
3 tomes, aller, vie sur place, retour. Fin des années 80. L'URSS envahie l'Afghanistan. Les afghans résistent. Un photographe de presse suit une mission organisée par MSF qui doit établir 2 hopitaux dans les montagnes afghanes afin de soigner les victimes de la guerre.


Tome 1:
On suit la mise en place de la mission, le départ. Passage de cols à 5000m d'altitude.


Tome 2:
Arrivés à bon port, les médecins organisent l'hopital. On voit le vie quotidienne des médecins et des afghans.


Tome 3:
Le retour. Décidé à rentrer vite, le photographe décide de rentrer seul. Grand mal lui en a pris.


Un document, un témoignage, un ovni.

Didier Lefèvre, scénariste raconte sa propre histoire. Au dessin, Emmanuel Guibert.


Les dessins ne sont pas que des dessins. Ce n'est pas l'histoire d'un photographe pour rien. Tout le récit est ponctué par les photos de Didier Lefèvre. Je pense même que tout ou partie des dessins sont basés sur des photos. C'est vraiment étrange de voir une scène en photo puis en dessin ou l'inverse. C'est encore plus étrange de la voir ensuite en film (j'y reviendrai). Même si c'est étrange, il est certain que cela contribue à la qualité générale de la série


Outre la forme, le fond a vraiment force de témoignages:

  • Sur le travail des volontaires de MSF en Afghanistan. Le combat qu'ils mènent dans des conditions sanitaires plus que précaires afin de soigner les petits et surtout les gros bobos.
  • Sur les horreurs de la guerre et surtout ses conséquences sur les populations civiles. Les familles déracinées, les enfants blessés, les femmes et les vieillards qui restent au village pendant que les hommes sont au front.
  • Sur un pays et ses habitants. Les gentils, les méchants, les coutumes, la corruption, les paysages, les gens.
  • Sur le travail d'un photographe qui parfois ne sait pas trop ce qu'il fait là et surtout qui se sent tout petit par rapport aux prodiges que les médecins sont capables d'accomplir dans de telles conditions.
  • Sur le travail artitisque et ses aléas. C'est vraiment inhabituel de voir le procesus de création, ses doutes, sa façon de « canarder » une scène, de savoir qu'une bonne photo est au bout de son objectif sans savoir quand et comment elle arrivera réellement mais en ayant surtout peur de la laisser filer.

La série est vraiment homogéne, chaque tome ayant son intérêt et son sujet propre, le dernier étant le plus palpitant avec toutes les embuches qui peuvent survenir.


Cerise sur le gateau, en plus de l'association d'images réelles et d'images dessinées, le 3e tome ajoute les images qui bougent avec un DVD contenant des images prises par la chef de la mission de MSF avec un caméscope. C'est vraiment très étrange de voir tous ces personnnages s'animer, de revoir « en vrai » les situations décrites dans les tomes précédents. De voir cet enfant mourrant qui demande à boire, à coté de sa maman impuissante.


En résumé (je viens de remarquer que je finis souvent mes critiques par “En résumé"), cette série est vraiment un incontournable (courgette) à avoir dans sa bédéthèque et à relire régulièrement spécialement quand on a la haine contre le connard de devant qui n'avance pas ou contre la caissière qui ne va pas assez vite à passer toutes vos victuailles plus asceptisées les unes que les autres sur ses lampes rouges qui font bip.


Unikokisseudikeu7baidaimairiterailepripulitzerkomMaus

ps: Saloperies de puces qui ne fonctionnent pas.
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Publié dans Bédé

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