BD: Le quartier évanoui

Publié le par Nicolas Moreau

Quand l'argot bourguignon rencontre le petit nègre.


L'histoire:

Un quartier voué à la démolition voit de nouveaux arrivants, une famille de « Bamboulas », fédérer les énergies pour lutter contre les occupants.


Tronchet sans Jean-Claude Tergal et Sacré Jésus.


Il adapte içi un roman d'Anne Sibran (inconnue au bataillon) sans que l'on sache vraiment si elle a participé à la réalisation de la bédé ou pas.


On trempe dans une atmosphère quartier populo, vieux poilu bourru mais au grand coeur, mélange des races, mélange des langues, mélanges des cultures. Un bon vieux français bien argotique (de réels moments de bravoure linguistique) vient se méler à un petit nègre très imagé lui aussi. La bédé vaut vraiment pour cette mixité et pour la rencontre de ces 2 mondes. Il faut parfois s'accrocher sur les dialogues qui sont vraiment vraiment vraiment argotiques et petit nègre. On se gratte parfois la tète à essayer de comprendre les répliques cinglantes de Mustapha ou de Pépé Moustier mais on arrive en général à recoller les morceaux.


La bédé (et je suppose le bouquin) est une plongée dans ce vocabulaire imagé mais pas que (Ouh là là, pas français). Il y a des passages vraiment poétiques avec cet arbre qui apparait dans le jardin public et que seuls les enfants et la folle sont en mesure de voir, les adultes ne sont sans doute pas assez innocents pour le voir.


Le dessin de Tronchet, très caractéristique, se prête bien à la description de ces prolots au grand coeur. Il joue aussi sur les couleurs tout au long du récit pour traduire les différentes ambiances, du noir et blanc tout simple pour le quartier, du jaune pour le conte et du sépia au tournant de l'histoire (pas de révélations!!!).


Un message de tolérance traverse l'histoire du quartier. Difficile d'y être insensible, mêmes si on peut le regarder avec une certaine réticence, considérant que l'effet est un peu forcé. Ca fait beaucoup de contrastes : les individus, les couleurs, les points de vue, les langues, et parfois, on s'y perd peut-être un peu, mais on apprécie tout de même de constater que ces divergences peuvent regarder ensemble dans la même direction.


Pour résumé, on passe un bon moment et surtout les dialogues sont vraiment croustillants.


Unikokalussahanoel

ps: Une bd de Christin/Bilal a un peu le même thème, des exclus voués au rebus, soit La croisière des oubliés, soit Le vaisseau de pierre, me souvient plus.

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Publié dans Bédé

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M
Comment ça, tu ne connais pas Anne Sibran ?? http://www.bdparadisio.com/scripts/detail.cfm?Id=898ben ça alors ;o)
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