Bédé: L'histoire du conteur électrique

Publié le par Nicolas Moreau

Costard télévisuel...


Résumé:

M. Le président de Canal Moi est furax. Plus personne ne regarde sa chaîne de télé. Pourtant ce n'est pas faute d'offrir au public le plus mauvais du mauvais, et il en est fier. Mais voilà, les gens maintenant, selon M. Faucu, son bras droit, regarde la lune. Oui la lune. Qui raconte ses histoires tous les soirs, sans pub...


Fred, le papa de Philemon développe un portrait plus que réaliste de notre télé. En 1995.


2 parties à cette bédé.

Le président, être colérique, hirrassible, tout puissant, tyrannique, violent. Il dresse un portrait de sa chaine qui fait étrangement penser à TF1. La page de garde est déjà un petit flacon de vitriole. Un programme télé décrivant les programmes de Canal Moi.


- Pourquoi les spectateurs ne regardent plus ma chaine??

- [...] Ils ne regardent plus les autres chaines non plus [...]

- Tiens pourtant, elles faisaient des mauvais programmes elles aussi...?


Tout est dit. 25 pages de grosses colères, de taillage de costards de toutes les daubes que peuvent nous distiller nos chaines, des pubs, des émissions. M. Le Président est un tyran et il en est fier. Ses sous-fifres sont tyranisés mais ils sont contents.


Puis vient l'histoire de M. Mousse, releveur de compteur malheureux qui a un accident de compteur justement. M. Mousse, depuis son accident est cloué dans son lit et la seule chose qu'il peut encore faire, c'est boire la soupe aux choux de Mme Michachmouch et regarder la lune passer à travers le vasistas de sa chambre. Et la lune se met à lui parler. La lune a des milliards d'histoires qui sont relayées à la population par on ne sait quel moyen. Et elle préfère mille fois ces histoires aux daubes télévisuelles.


On retrouve dans cette partie ce qui a fait que je n'avais jamais lu (avant celle-là) d'autres bédés de Fred. Son coté poétique qui m'a toujours un peu rebuté avec un appriori négatif total, c'est bien vrai.


Et pourtant, cette partie-là est aussi intéressante que l'autre. Intéressante n'étant pas le mot, digne d'intérêt.

Le retour à une poésie qui ne prend pas les téléspectateurs pour de simples éponges à publicités, des histoires simples racontées par un vieil homme cloué au lit, une lune qui parle et qui a enfin un public pour écouter toutes les histoires qu'elle a inventées pour tuer sa solitude pendant des milliards d'années, sa brouille avec le soleil qui fait qu'ils ne se parlent plus.


Pour ce qui est des dessins, je dirais un peu vieillots, très chargés, beaucoup de couleurs. Fred joue beaucoup sur les ombres, les proportions exagérées. On peut dire que, comme pour Philémon, il va bien avec le propos et le monde imaginaire.


En résumé, une bonne bédé, poétique, vraiment pas tendre pour notre télé. Mais Fred n'a pas beaucoup évolué au niveau dessin (enfin, je n'ai pas lu ses vieilles bédés mais son dessin est marqué années 70 surtout au niveau des couleurs).


Unikokalussachaimarimersimari


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Publié dans Bédé

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