Bédé: Black Hole

Publié le par Nicolas Moreau

Noirs dessins...

Résumé:
Etats-Unis, années 70. Petite ville, on ne sait trop où. Une bande d'adolescents, oisifs, paumés, drogués (à l'herbe!!!). Une maladie sévit dans le bled, qui touche uniquement ces ados là. Elle semble se transmettre par le sexe ou les muqueuses. Elle les déforme. Les symptomes sont différents suivant les individus, une à une mue, un autre des pustules sur le ventre, une autre un embryon de queue, d'autres sont totalement difforment. Et ils doivent vivre avec ça.

Bédé de Charles Burns dont le receuil vient de sortir chez Delcourt. Elle est classée parmi les indispensables d'Angoulême 2007.


Comment dire? Oui et non. Non et oui.











Pour une fois, je vais parler des dessins en premier. Un mot, cauchemardesque. Je vous met quelques échantillons et après, on en reparle.


Vous n'avez là qu'un petit échantillon de l'album. Certains pages sont recouvertes de visions cauchemardesques de bestioles qui se faufillent, de sols vivants et grouillants. Tout ça dans un style qui fait parfois penser à Druillet quand il avait vraiment pris beaucoup d'acides. C'est chargé, horrible. En fait, je ne sais pas quoi dire d'autres que cauchemardesque.
Mais, car il y a un mais. En dehors de ces pages, le reste de l'album, du point de vue graphique, est une réelle réussite. Les dessins sont tout en rondeur, assez doux, tout en noir et blanc, Burns joue avec la lumière, seul Miller fait mieux!!!!!

L'histoire.
Très étrange. Ces jeunes, mis au banc de la société, se retrouvent à camper dans la foret. On en suit quelques-uns, qui découvrent la vie, l'amour, la drogue. On suit ce mal se développer en eux, autour d'eux.
Le mal, la crève en version française, the bug en version originale. Oui quelque chose bug, mais quoi. On ne sait pas d'où ça vient, on ne sait pas comment elle se soigne. Une chose est sure, dès qu'ils l'attrapent, ils sont traités comme des pestiférés par leurs congénéres.
Métaphore du SIDA ou d'un simple mal de vivre adolescent, la maladie amplifie toutes les étapes obligées du passage à l'age adulte, le premier rapport, la première fugue, le premier amour. Mais, loin de combattre, tous ces "freaks" choisissent de se cacher, de vivre comme des exclus sans aucune réelle révolte quand à savoir s'ils ont une légitimité à vivre normalement.

C'est ce qui m'amène au non.
A quoi bon voir des êtres aux vies anéanties? ah quoi bon les voir se cacher dans les bois, dans des maisons inoccupées ou sur des plages? Le seul qui se révolte par rapport à tout ça fait n'importe quoi. Les seuls qui vivent à peu prés normalement le font parce qu'ils s'aiment, entre "freaks". Est-ce la vision de Burns par rapport au SIDA? Des malades qui doivent se cacher, qui ont honte de la maladie. On peut considérer que cette vision était  valable pour les débuts de l'épidémie oui mais maintenant...
C'est aussi parfois réellement confus. Au changement de personnage masculin, on se demande qui est qui. Pendant les flash-backs, on se demande aussi quand on est, avec qui. Je ne l'ai lu qu'une seule fois, c'est peut-être un tort.

En résumé, indispensable peut-être pas à moins que j'ai raté quelque chose mais il est claire que cette histoire ne laisse pas indifférent. A vous de voir.

Unikokaipaconvinku
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Publié dans Bédé

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